Les temps forts de la 8e convention

Un débat à la fois théologique et pratique (Frédéric Rognon)

La Convention du Forum protestant a été lancée en 2013 par Olivier Abel, avec l’objectif de faciliter l’expression et l’échange des idées, des opinions et des expériences sur les sujets de société, dans un cadre protestant, et ainsi de mieux faire entendre les voix des protestants sur ces questions dans la société française.

Une fois par an, une journée est consacrée à une thématique particulière. Ce fut le cas en 2013 sur le thème Protestantisme et politique (à l’IPT Paris), en 2014 sur Sens éthique et limites de la loi (de nouveau à Paris), en 2015 sur La fin du monde, et après? (toujours à Paris), en 2016 sur Détresse du politique? (encore à Paris), en 2017 sur Conflits, médiations, institutions (à Lyon), en 2018 sur Pauvretés, migrances, solidarités (à Nîmes), et en 2019 sur Justice pour restaurer, punir et guérir (à Paris).

Cette année, nous avons choisi de consacrer la convention à la thématique suivante: Face à la crise écologique. Inutile d’insister sur l’actualité et la pertinence d’un tel sujet, pour ne pas dire son urgence. Et pourtant, si nous interrogeons les relations entre protestantisme français et préoccupations environnementales, force est de constater le paradoxe suivant: quelques figures isolées ont pu jouer un rôle de précurseurs tout au long du 20e siècle, de Charles Gide à Albert Schweitzer, de Wilfred Monod à Jacques Ellul et à Gérard Siegwalt, mais les Églises protestantes, à l’exception peut-être de celles d’Alsace-Moselle, n’ont guère été prophétiques en ce domaine. À l’heure où l’ÉPUdF a mis la question écologique à l’agenda de ses synodes, et où l’UÉPAL a créé un poste de chargé de mission pour la justice climatique, il nous semblait important d’ouvrir un débat à la fois théologique et pratique.

D’abord théologique, et ce sera l’objet de la première moitié de notre après-midi, que nous avons intitulée: Faces cachées de l’écologie. Nous souhaiterions débattre des questions fondamentales qui sont peu abordées dans les discours sur l’écologie, y compris en théologie de la Création. Ensuite, une approche pratique, et ce sera l’objet de la seconde moitié de notre programme, que nous avons intitulée: Faire face à la crise. Nous souhaiterions exposer ce qui se fait déjà, mais aussi les freins aux réalisations concrètes. Nos intervenants seront donc aussi bien des théologiens que des acteurs engagés dans des actions de terrain. Je voudrais les remercier chaleureusement pour leur présence et pour leur disponibilité.

Je tiens aussi à remercier les différents partenaires qui ont rendu possible cette convention, en une belle synergie: la Fondation Bersier, le Forum protestant, Campus protestant, l’ÉPUdF, l’UÉPAL, le journal Réforme et l’excellente revue Foi&Vie.

Je souhaiterais également exprimer toute ma reconnaissance à la paroisse de l’église saint-Paul de Strasbourg, et à ses pasteurs, qui nous avaient ouvert leurs portes pour cette rencontre. En raison de la crise sanitaire, nous avons dû finalement renoncer à cet accueil, et organiser l’événement en ligne. On peut évidemment interroger le paradoxe entre le fond et la forme de cette convention 2020, entre la thématique de la crise écologique et le choix de débattre de cela à travers des écrans (passablement éloignés de la sobriété énergétique). Ce paradoxe pourra peut-être nourrir la réflexion et le débat de cet après-midi. J’aurais simplement à cœur, comme contribution personnelle et avant de céder la parole au premier intervenant, de rappeler ce que disait Jacques Ellul au sujet de la technique, qu’il appréciait lorsqu’elle restait un moyen dont nous gardons la maîtrise, et mettait en question lorsqu’elle devenait une fin en soi: «Ce n’est pas la technique qui nous asservit, mais le sacré transféré à la technique», écrivait-il en 1973 dans Les nouveaux possédés. Sur ces bonnes paroles qui nous invitent à la vigilance et à la liberté, qui nous donnent à penser, mais aussi à espérer, je vais présenter le premier intervenant.

 

Regarder l’ensemble de la 8e convention sur notre page Facebook.

 

Faces cachées de l’écologie

Vertus vertes. Éléments d’une approche protestante du végétal (Otto Schaefer) 

Résumant sa thèse sur la grâce du végétal, Otto Schaefer pointe le «double déficit» des théologies protestantes contemporaines avec d’une part un «manque d’attention au vivant non humain», d’autre part «un manque de charge vitale de la grâce». Se demandant alors ce que le végétal pourrait inspirer «à une éthique des vertus écosensible et écoresponsable», il invite à une «conversion à l’humilité» par un renversement très chrétien des valeurs en faveur des plantes, «plus bas niveau de la stratification de l’âme et du vivant». Ainsi qu’à creuser l’imaginaire végétal en matière de conversion, formation et pourquoi pas de croissance.

Otto Schaefer est théologien réformé et biologiste, docteur en sciences agronomiques, membre du Conseil scientifique du Parc Naturel Régional des Ballons des Vosges et, en Suisse, de la Commission fédérale d’éthique de la biotechnologie dans le domaine non humain. Il vient de déposer sa thèse de doctorat en théologie protestante sur La grâce du végétal. Plantes et jardins dans une perspective protestante, thèse réalisée en cotutelle à Zurich et à Strasbourg, sous la direction de Pierre Bühler et Jérôme Cottin. La soutenance est prévue pour fin janvier 2021. 

Une théologie animale (Rodolphe Blanchard-Kowal)

Rodolphe Blanchard-Kowal est pasteur de l’ÉPUdF envoyé dans l’Église d’Écosse, à Portlethen (Aberdeenshire, Nord-Est de l’Écosse). Il fait un travail de recherche doctorale sur la théologie animale, sous la direction de Marc Boss (IPT de Paris). Il participe aussi au séminaire d’éthique théologique de l’université d’Aberdeen.

L’écoféminisme (Joan Charras-Sancho)

Joan Charras-Sancho est secrétaire générale de la Centrale de Littérature Chrétienne Francophone et chargée de mission Dynamique Culte dans l’UÉPAL. Théologienne féministe et inclusive, elle anime le site internet Accueil Radical, et est aussi rédactrice responsable de la revue Vie & Liturgie.

L’écologie mentale : subjectivation et conversion (Stéphane Lavignotte)

Stéphane Lavignotte est théologien et pasteur, chargé nationalement de l’animation théologique et spirituelle de la Mission populaire évangélique, coordinateur de la Maison Ouverte de Montreuil (Seine Saint-Denis). Il a été un des créateurs du réseau Bible et création et a publié plusieurs ouvrages sur l’écologie, notamment sur Jacques Ellul et Serge Moscovici. Son dernier livre paru est André Dumas, habiter la vie chez Labor et Fides où il propose les gestes d’une éthique embarquée, empathique, créative et démocratique, avec un chapitre sur l’écologie.

 

Faire face à la crise

Création et santé dans la théologie adventiste (Gabriel Monet) 

Gabriel Monet est professeur de théologie pratique à la Faculté adventiste de théologie de Collonges-sous-Salève en Haute-Savoie, dont il est aussi actuellement le doyen. Avant d’enseigner, il a exercé comme pasteur d’Église et comme responsable jeunesse. Il s’intéresse particulièrement aux rapports entre l’Église et la culture contemporaine et tous ses défis, dont celui du soin à la Création. Marié, il est père de trois enfants, et vit dans une ancienne ferme en pleine nature.

L’anthropologie en question (Jean-Sébastien Ingrand)

Jean-Sébastien Ingrand est pasteur de l’UÉPAL, et chargé de mission pour la justice climatique au sein de cette Église. Il est aussi un grand lecteur et un spécialiste de la pensée de Jacques Ellul et de Bernard Charbonneau.

Pratique pastorale et écologie (Nathalie Chaumet)

Nathalie Chaumet est pasteure depuis 1994 dans l’ÉPUdF. Tout d’abord à Meudon-Sèvres dans les Hauts de Seine, puis à Rouen avec un ministère orienté à mi-temps sur l’aumônerie hospitalière, à mi-temps paroissial. Puis pasteure dans la paroisse du Vésinet dans les Yvelines pendant huit ans. Aujourd’hui pasteure depuis 2016 à l’Annonciation à Paris en binôme.

Une expérience communautaire écolo-chrétienne: Goshen (Alexandre Sokolovitch) 

Alexandre Sokolovitch est animateur de l’éducation populaire, coach personnel et accompagnateur de projets d’éco-lieux, cofondateur d’un éco-hameau chrétien (La Ferme de la Chaux, près de Dijon), animateur d’un réseau chrétien alternatif (Tchaap, Tribu Chrétienne Hérétique Altermondialiste Autogérée de Prière), et animateur de la coordination de la Communauté de l’Arche Non-Violence et Spiritualité (fondée par Lanza del Vasto).

Le travail d’A Rocha (avec le vivant) (Marine d’Allancé)

Marine d’Allancé travaille dans une ONG environnementale et vit à Paris. Après avoir travaillé dans le monde de l’entreprise, elle cherche désormais au quotidien des solutions pour rendre conciliables les activités humaines, la protection de la nature et la lutte contre le réchauffement climatique. Elle est membre du Conseil d’administration d’A Rocha depuis 2018.

L’interpellation du politique (Martin Kopp)

Martin Kopp est théologien écologique, chercheur associé en théologie protestante à l’Université de Strasbourg ; il préside bénévolement la commission Écologie – justice climatique de la Fédération protestante de France, dont il est aussi membre du conseil.

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