Petite histoire de l'aumônerie de prison (1) - Forum protestant

Petite histoire de l’aumônerie de prison (1)

«J’étais en prison et vous êtes venus me voir»: ancrée dans l’évangile, la mission de l’aumônerie des prisons apparaît dès les débuts du christianisme mais ne se structure officiellement en France qu’au 17e siècle. Avant d’être questionnée dès le 19e siècle, avec le développement du système carcéral, par l’attitude changeante de l’État (qui voit d’abord les aumôniers comme des témoins de moralité puis comme de coûteux religieux) et la concurrence montante de l’expertise scientifique.

Textes publiés sur le blog de l’Aumônerie protestante des prisons : 1ère, 2e, 3e et 4e parties.

 

Le terme aumônier apparaît en 1174 sous la forme aumosnier avec le sens de la personne chargée de la distribution des aumônes. Il acquiert au début du 16e siècle le sens de chapelain et seulement au début du 19e siècle le sens moderne d’«animateur spirituel d’un établissement ou d’un corps spécifique (1)».

 

L’accompagnement des détenus: une histoire chrétienne avant tout!

Ce qui a fondé formellement l’action des chrétiens en prison, c’est le passage de l’évangile de Matthieu où le Christ enseigne, à propos du jugement dernier, que les justes sont ceux qui visitent les malades ou les prisonniers comme s’ils visitaient le Christ lui-même (2).

L’apôtre Paul lui-même est allé en prison; il le relate dans ses lettres et dit qu’il ne faut pas avoir honte de lui (3). Dans la culture grecque, la prison entraine, pour celui qui la subit, un avilissement durable et, contrairement à ce que l’on pourrait penser, le fait que Paul soit incarcéré à cause du Christ ne doit pas être considéré comme quelque chose de positif. La distinction que l’on pourrait faire entre un délit de droit commun et la prédication chrétienne appartient en propre aux modernes et est un anachronisme pour l’époque. Les Philippiens s’inquiètent devant l’incarcération de Paul et se demandent si cette incarcération est compatible avec son statut d’apôtre. Paul écrit: «Je veux que vous le sachiez, mes frères, ce qui m’est arrivé a plutôt contribué aux progrès de la bonne nouvelle» (4). Dans la littérature de l’Antiquité tardive, on ne trouve pas d’image positive de la prison. Paul semble être le premier auteur à présenter la prison comme signe et accomplissement d’une vie religieuse. La prison ne présente pas un aspect positif et se refuse toujours à toute esthétisation, mais, dans l’abaissement, se joue une part de la vérité religieuse que Paul véhicule.

Les premiers chrétiens s’intéressent donc au sort des prisonniers et considèrent que quoi qu’ils aient fait, Dieu ne les abandonne pas et qu’ils méritent d’être accompagnés dans leurs souffrances spécifiques. On constate d’ailleurs que durant le Bas Empire (284-476), certaines mesures législatives tentent d’améliorer la condition des prisonniers. Cet intérêt pour le sort des détenus est en grande partie dû à l’importance grandissante des chrétiens au sein de l’Empire. Jean Chrysostome écrivait:

«En effet, je vous prie, est-il rien de plus facile que d’aller voir les prisonniers? Qu’y a-t-il de plus aisé et de plus doux? Quand vous les verrez les uns dans les fers, les autres sordides, avec de grands cheveux épars, couverts de haillons; d’autres exténués de faim, accourir à vos pieds comme des chiens; d’autres ayant le dos tout déchiré, d’autres que l’on ramène de la place liés et garrottés; passant le jour à mendier, sans pouvoir même gagner même le pain qui leur est nécessaire pour subsister, et le soir contraints par leurs géôliers à des offices si pénibles et cruels; quand vous verrez tout ce triste spectacle, eussiez-vous le cœur plus dur que les cailloux, vous le quitterez plein d’humanité; quand vous mènerez une vie molle et voluptueuse, vous deviendrez parfait philosophe, parce que, dans les calamités d’autrui, vous verrez, vous apprendrez à connaître la misérable condition de la vie humaine» (5).

L’accompagnement des détenus est donc une histoire chrétienne. La théologie chrétienne n’établit pas de correspondance entre justice des hommes et justice de Dieu; la condamnation par les hommes n’entraine pas nécessairement les foudres divines. Jean Chrysostome l’exprime ainsi: «Le Seigneur ne nous commande pas d’assister les bons et de punir les méchants, mais d’avoir de l’humanité généralement pour tous et de répandre sur tous nos charités» (6). Il commente ainsi ce verset de Matthieu: «Il fait lever son soleil sur les mauvais et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et les injustes» (7).

Autrement dit, ce que Dieu demande aux hommes, ce n’est pas de se mettre à sa place pour juger les uns et les autres et faire le tri des bons et des mauvais, mais d’avoir la même considération pour les uns comme pour les autres. L’homme ne doit pas essayer de percer le secret de la justice de Dieu qui est opaque à l’œil humain. En poussant les portes d’une prison, l’aumônier considérera d’abord les prisonniers comme des enfants de Dieu.

 

Du 17e siècle au 19e siècle et de l’intercesseur au témoin de moralité

Depuis l’apôtre Paul, on visite les prisonniers d’une manière plus ou moins régulière selon les époques de l’histoire. C’est au 17e siècle que l’aumônerie va revêtir un caractère officiel quand, en 1619, le jeune Louis XIII, âgé alors de dix-huit ans, désigne l’abbé Vincent de Paul comme Aumônier Réal des Galères. Dans son acte de nomination, il est écrit que «en ladite qualité de Réal, il ait dorénavant égard et supériorité sur tous les autres aumôniers des dites galères». Figure de légende, il sera le héros d’un film célèbre de Maurice Cloche, Monsieur Vincent, en 1948. Alors qu’il entre dans la galère et qu’il est témoin des premiers coups de fouets sur les forçats, on lui fait dire: «Mon Dieu, ayez pitié de vos malheureux enfants! Donnez-moi le courage de les aimer comme ils le méritent, pour l’amour de vous».

Les aumôniers jouaient le plus souvent le rôle d’intercesseur auprès des commissaires des chiourmes. Les aumôniers, prêtres catholiques, étaient, en principe, présents dans toutes les prisons. En fait, beaucoup devaient en manquer si l’on en croit les Cahiers de doléances du Tiers-état aux États généraux de 1789 qui réclamaient «que chaque prison ait un aumônier chargé de la conduite et de l’instruction des malheureux qui y sont enfermés. Qu’il soit permis aux prêtres de visiter leurs paroissiens prisonniers».

A partir de la Révolution française, la peine de prison devient une peine à part entière et non l’attente d’une autre peine. L’aumônerie se transforme et, si la présence des aumôniers est au départ un peu timide, elle se renforce au moment de la Restauration et de la Monarchie de juillet (1815-1848). Le règne du moralisme, caractéristique de l’époque, encourage l’État à favoriser l’intervention des aumôniers dans les établissements pénitentiaires. En 1816, on rend obligatoire l’assistance à la messe en même temps qu’est donnée une place aux autres cultes. Les condamnés non-catholiques étaient orientés vers des établissements spécialisés. Sous l’influence des protestants au gouvernement ou à la Chambre des pairs, tels Guizot ou Gasparin, le nombre des pasteurs et des rabbins nommés dans les prisons augmenta.

En 1840, une pétition des consistoires protestants circula pour demander la création d’un pénitencier pour les condamnés de la religion réformée. Une colonie protestante pour les jeunes détenus s’est créée à Sainte-Foy mais Tocqueville refusa la création de prisons particulières pour adultes arguant du fait que, grâce au futur encellulement individuel, les ministres de chaque culte pourront facilement aller visiter leurs fidèles (8). On ne trouve des aumôniers protestants à demeure que dans six centrales: Ensisheim, Haguenau, Eysses, Limoges, Loos et Poissy.

L’aumônier a, pendant cette période, une place importante dans le dispositif carcéral. On pense que c’est le moyen le plus efficace pour moraliser les détenus. Deux courants de pensées s’opposent cependant: il y a, d’une part, ceux qui défendent l’encellulement individuel et donc le face-à-face du détenu avec lui-même et sa faute et, d’autre part, ceux qui souhaitent que les détenus soient associés collectivement aux différentes pratiques religieuses. Comme le fait remarquer Jacques-Guy Petit dans son livre Ces peines obscures (9), on ne peut rien savoir du sentiment religieux des prisonniers car toute évaluation sociologique se fonde sur une pratique et, en la matière, la pratique était obligatoire. L’hypocrisie religieuse est souvent dénoncée par les directeurs. Comme l’avis de l’aumônier est demandé pour les propositions de grâce, chacun a intérêt à feindre la dévotion religieuse.

D’une manière générale, les observateurs constatent que le rituel en latin et les sermons des prêtres qui portent sur le dogme ne peuvent pas toucher des hommes et des femmes peu instruits. Beaucoup d’enquêtes et de témoignages montrent que les aumôniers à cette époque étaient soit trop âgés, soit trop jeunes et qu’ils ont, en général, échoué dans leur tâche de réformer l’ensemble des prisonniers et de les rendre soumis aux lois de l’État. Ces mêmes enquêtes constatent cependant que les détenus des cultes minoritaires semblent plus concernés par les questions religieuses que les catholiques. A l’époque, les pouvoirs publics attendaient beaucoup des aumôniers pour les aider à maintenir l’ordre grâce à la moralisation des prisonniers.

 

La laïcisation de l’espace pénitentiaire au 19e siècle ou comment l’expert se substitue à l’homme d’Église

A partir de 1870, l’aumônier va perdre de son pouvoir, perte de pouvoir qui va de pair avec le constat que l’administration fait de leur inefficacité. On assiste également progressivement à une laïcisation de l’espace pénitentiaire et les aumôniers sont le plus souvent réduits à célébrer le culte dominical. En cette fin du 19e siècle apparait également une nouvelle figure qui va directement entrer en concurrence avec l’aumônier, celle du médecin-psychiatre et, parallèlement, la naissance d’une nouvelle science, la criminologie. En plus d’un certain sentiment anticlérical porté par beaucoup de responsables de l’Administration pénitentiaire, les cadres des prisons vont encourager l’approche scientifique du crime qui pourra, mieux que les aumôniers, les aider à comprendre et surveiller la population dont ils ont la charge.

Il faut ici mentionner un personnage important dans l’histoire de la criminologie en France, Alexandre Lacassagne (1843-1924), qui occupera la chaire de médecine légale et de toxicologie à l’université de Lyon. Lacassagne arrive à la conclusion qu’il y a deux facteurs pour expliquer le crime, l’un individuel et l’autre social, et que c’est le second qui domine. Il ne croit ni au fatalisme ni à une tare originelle du criminel: «C’est la société qui fait et prépare le criminel», écrit-il. Lacassagne va beaucoup écrire. Il dirige une revue de criminologie, les Archives d’anthropologie criminelle, et visite beaucoup de détenus avec ses étudiants à des fins d’expertise, ce qui était tout à fait nouveau pour l’époque. Comme l’écrit Philippe Artières dans la présentation du Livre des vies coupables:

«Lacassagne et ses collègues élèvent le criminel au rang d’objet de description et d’analyse. Le criminel acquiert avec eux un visage, on lui découvre une famille. Avec ces médecins, le criminel est doté d’une langue; il habite des lieux, il a des habitudes et une histoire. Autrement dit, un personnage voit le jour» (10).

Lacassagne suit l’exemple de ses collègues aliénistes qui, depuis longtemps, demandent à leurs patients de raconter leur vie par écrit car, disent-ils, «l’écrit démasque le faussaire». Lacassagne se rend à la prison de Saint-Paul à Lyon et demande au directeur de rencontrer les détenus qui tiennent un journal personnel. Il établit avec eux une relation de confiance, demande à lire leur cahier et leur propose de rédiger le récit de leur vie. C’est ainsi qu’est né Le livre des vies coupables. Lacassagne dirige soigneusement l’écriture des détenus en leur donnant des rendez-vous de relecture et des propositions pour la suite. Il les encourage à aller vite et à achever leur récit en quelques semaines. En échange de ce travail d’écriture, Lacassagne leur promet qu’il demandera pour eux une amélioration de leur condition de détention.

Le face-à-face que le médecin va avoir avec le détenu ressemble à celui de l’aumônier et va même le concurrencer, car il revêt une valeur scientifique qui va beaucoup compter dans cette Troisième République anticléricale. On reproche aussi à la confession qu’écoute l’aumônier de se focaliser sur la faute, c’est à dire sur l’acte et non sur tout ce qui l’entoure et, en particulier, de ne pas laisser la place à la souffrance du détenu. Comme l’écrit Philippe Artières:

«En octroyant aux condamnés une histoire, le médecin offre, à la différence de l’aumônier, la possibilité de dire une multitude d’émotions que la confession ne permettait pas: un rêve, une crainte, une peur» (11).

Le récit, tel qu’il est conçu par Lacassagne, permet de sortir d’une pensée binaire, le coupable et sa victime, le bien et le mal. L’objectif de l’entretien n’est donc pas l’aveu, comme celui que recherche le juge, mais la possibilité pour l’autre de dire l’infime, le minuscule, l’à-côté. Les études sur les prisons et les prisonniers se multiplient. Dans ces études, on s’intéresse aussi au sentiment religieux de la personne. Il en va ainsi de l’étude que mena le docteur Charles Perrier sur 859 condamnés de la prison de Nîmes et qui conclut au caractère totalement superstitieux de leur croyance (12).

D’une manière générale, nous pouvons dire que l’expert, drapé du savoir, se substitue en ce début du 20e siècle à l’homme d’Église: la science laïcise la confession. La prochaine séparation des Églises et de l’État va obliger les aumôniers à repenser à la fois leur statut et leur rôle au sein des établissements pénitentiaires.

 

De 1899 à 1905: les aumôniers sur la sellette

Lors d’un débat le 5 décembre 1899 à la Chambre des députés , et en prélude à la loi de séparation des Églises et de l’État, le rapporteur du budget entend diminuer progressivement le crédit accordé aux aumôneries pénitentiaires qui, à l’époque, concernait les catholiques, les protestants et les juifs. L’argument avancé est que l’action de l’aumônerie «se réduit à presque rien» (13) d’après le rapporteur du budget de l’Administration pénitentiaire qui cite partiellement un texte du Comte d’Haussonville (14) qui écrit: «Quant aux instructions hebdomadaires et aux visites périodiques des aumôniers, il est bien difficile de rien affirmer relativement à la régularité avec laquelle elles s’exécutent». Le rapporteur du budget propose donc de ne plus payer d’indemnités aux aumôniers dans les prisons et de confier cette tâche au «clergé paroissial ou aux ministres de la circonscription consistoriale protestante ou israélite».

L’abbé Gayraud (1856-1911), député du Finistère, proteste contre cette suppression des crédits: «Je ferai observer tout d’abord que la commission du budget a peut-être négligé de s’informer auprès de qui de droit s’il n’y aurait pas quelque inconvénient à charger partout le clergé paroissial de ce service». Il continue en faisant remarquer que si les aumôniers ne consacrent pas suffisamment de temps à leur tâche en détention, «c’est, entre autres causes, parce que l’indemnité qu’on leur alloue est très insuffisante, parce que souvent la nécessité les oblige à se charger de différentes fonctions rétribuées, afin de pourvoir suffisamment à leur existence personnelle». Le député considère que la tâche de l’aumônier est fondamentale en détention et qu’elle ne saurait être réduite à une mesquine question d’argent. Il en va, pour lui, de donner du sens à la peine: «Il est évident que la détention n’est pas destinée seulement à produire un effet pénal, mais encore à exercer autant que possible une influence moralisatrice. Or qui pourrait douter, messieurs, que l’action religieuse ne soit un élément important de cette moralisation».

Le rapporteur du budget rejette l’amendement de l’abbé Gayraud en lui opposant d’une part l’inefficacité des aumôniers qui ne se rendent dans les prisons que le dimanche pour célébrer l’office et d’autre part le fait que la plupart des aumôniers indemnisés cumulent leur traitement concordataire avec l’indemnité pénitentiaire: la Chambre «devra dire si elle maintient les indemnités non concordataires qui n’ont plus de raison d’être puisque le service de l’aumônerie se résume désormais à la célébration de la messe les dimanches et jours de fête. Ceci n’entre-t-il pas dans les attributions paroissiales?».

La citation du livre du Comte d’Haussonville – qui a servi le propos du rapporteur du budget de l’Administration pénitentiaire – était trop partielle; un autre député prit la parole dans ce même débat pour rétablir la vérité de la citation. Le comte d’Haussonville n’écrivait pas que les aumôniers ne servaient pas à grand-chose mais plutôt qu’ils étaient empêchés d’exercer leur ministère et en particulier celui de la visite:

«Quant aux conversations individuelles qu’ils peuvent avoir avec les détenus, où ces conversations auraient-elles lieu? Dans les préaux, pendant le repas? Mais l’aumônier qui s’y aventurera, ne risque-t-il pas de se voir bafoué, sinon insulté? Dans les ateliers, pendant le travail? L’entrepreneur s’y oppose. Dans la chapelle? Quel détenu osera s’y rendre, quand il sera sûr d’être accueilli par les railleries de ses camarades?».

Donc, explique l’auteur, les aumôniers «se sont peu à peu découragés de ces visites et ont fini par se borner à la messe réglementaire du dimanche».

Dans ce débat s’amorce celui de la laïcisation de l’espace public et du rôle du religieux. Certains, pour de prétendues raisons budgétaires, souhaitent ramener l’aumônerie à son aspect rituel et festif et d’autres font de l’accompagnement spirituel un gage de réinsertion. Le comte d’Haussonville écrit: «L’histoire du bon larron ou la légende de Madeleine produiront toujours plus d’effets sur les âmes coupables que les enseignements les plus élevés de la philosophie». Ce débat n’est toujours pas clos aujourd’hui (15).

(À suivre…)

 

Illustration: Une exécution au bagne de Brest (Jules Noël, 1844, Musée des Beaux-Arts de Brest).

(1) Dictionnaire historique de la langue française d’Alain Rey.

(2) Matthieu 25, versets 31 à 46.

(3) 2 Timothée 1, verset 8: «N’aie pas honte de moi, prisonnier du Seigneur».

(4) Lettre aux Philippiens 1, verset 12.

(5) Jean Chrysostome (344-407), Homélie LX.

(6) Jean Chrysostome, op.cit.

(7) Matthieu 5, verset 45.

(8) En décembre 1866, sur 18053 condamnés enfermés dans les centrales, on recense 17493 catholiques, 463 protestants, 70 juifs et 26 musulmans (cf. Ces peines obscures, p.514).

(9) Jacques-Guy Petit, Ces peines obscures: La prison pénale en France 1780-1875, Fayard, 1990.

(10) Le livre des vies coupables, autobiographies de criminels (1896-1909), textes édités et présentés par Philippe Artières, Albin Michel, 2014 (1ère édition 2000), p.26.

(11) Philippe Artières, ‘L’aumônier, le médecin et le prisonnier à la fin du XIXe siècle’, in Religion et enfermements: XVIIe-XXe siècles, Presses universitaires de Rennes, 2005.

(12) Charles Perrier, Les Criminels, Lyon, Storck, Bibliothèque de criminologie n°23, 1905, pp.184-189.

(13) Toutes les citations de ce débat parlementaire sont extraites du Journal Officiel relatant la séance du 5 décembre 1899, pp.2071 à 2074.

(14) Auteur d’un ouvrage célèbre intitulé Les Établissements pénitentiaires en France et aux colonies (1875), il fut député de la Seine et Marne de 1871 à 1876 et siégeait au centre droit. C’est dans cet ouvrage que fut écrite la célèbre phrase: «Au fond d’obscures geôles de province, se cachent parfois des dévouements d’autant plus méritoires, qu’ils n’ont pour eux ni l’attrait des récompenses, ni l’éclat des services rendus».

(15) L’amendement de l’abbé Gayraud est finalement adopté et les indemnités pénitentiaires sont maintenues pour les aumôniers de prison.

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