Des conflits

Olivier Abel 15/06/2017

Et si le bonheur et le malheur des sociétés, de par le monde, étaient surtout fonction de leur capacité à traiter correctement les conflits qui les traversent ? Cette capacité provient d’un long exercice, qui ne peut se faire que sous la pression d’une orientation profonde du noyau éthique qui se trouve au cœur de nos cultures.

La manière de traiter la conflictualité varie selon les pays, et on peut dire que les récentes évolutions de la politique française sont une tentative pour changer notre culture du conflit et de la négociation : certains ont été jusqu’à parler d’une protestantisation de la culture politique française ! Il est bien trop tôt pour le dire et en évaluer les effets. Aucune société d’ailleurs n’est aujourd’hui à l’abri des déchirures sociales, ni plus généralement de cette conflictualité diffuse, tantôt explosive sinon violente, tantôt sourde et faite d’humiliations, de mépris, de rancœur. Notre hypothèse ici est que cela tient d’abord au fait que les conflits ne sont pas vraiment reconnus, que souvent on ne cherche pas à les comprendre ni à les formuler : il y a des conflits dominants qui font taire les autres, et se grossissent de ce qu’ils occultent.

Or cette situation est d’autant plus grave qu’il y a de l’amour, du dévouement, du bénévolat – en ce sens les Églises et le monde associatif ne sont pas épargnés par ces conflits. Et il nous a paru, à quelques-uns, utile de remettre sur le métier la question de la culture de la médiation et de la régulation de la conflictualité dans notre protestantisme. C’est pourquoi nous organisons une petite convention sur ce thème, le dernier samedi de novembre à Lyon. Notre réflexion fera le point des approches de la conflictualité, proposera un partage d’expériences sur les manières de la modérer, et une réflexion de fond sur leur institution, c’est à dire leur installation soutenable, durable et fertile.

Ce texte a été initialement publié dans Réforme.

La 5Convention du Forum de RegardsProtestants, en partenariat avec l’ÉPUdF, la Fondation Bersier et Réforme, aura lieu à l’Espace Bancel, à Lyon, samedi 25 novembre, de 12 h à 17 h. Le programme en sera communiqué bientôt.

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