Pour Karl Barth, « Dieu met en crise la plupart des institutions »

Dans le cadre des Improvisations protestantes consacrées ce 14 mars à Karl Barth, le théologique et le politique, le philosophe Michaël Foessel et le linguiste Pierre Encrevé ont accepté de répondre à la question : « En quoi la pensée de Karl Barth peut-elle nous éclairer aujourd’hui ? ».

 

 

Retrouvez ci-dessous l’interview vidéo de Michaël Foessel et Pierre Encrevé :

 

(Illustration : mémorial de la Déclaration de Barmen, Barmen, photo Atamari)

 

Commentaires

 

Anthyme (7 juillet 2016)

À l’instar de Michaël Foessel, je m’empresse de préciser que je ne suis pas de la chapelle protestante, mais également que, contrairement à lui, je n’ai rien d’un universitaire (mécanicien de formation), donc d’une (non-) qualité intellectuelle jusqu’aujourd’hui ignorante de Karl Barth, que je viens de découvrir en lisant sur Wikipédia l’article le concernant.

De cet article je cite les deux dernières phrases qui me semblent très bien résumer les commentaires les deux intervenants de la vidéo : « Ainsi l’Église chrétienne n’est pas là où nous croyons qu’elle est, mais là où Dieu décide qu’elle est. Il n’y a donc pour Barth d’attitude chrétienne que critique et inconfortable. »

Ami lecteur, peut-être t’interroges-tu à mon sujet : « Mais que vient donc faire ici ce type inculte avec son commentaire kilométrique ? » Aaaaahhhhh … Comme j’aimerais avoir affaire à un pasteur BCBG ! La vulgarité de mon inclination naturelle me ferait alors lui répondre : « Te servir une bonne grosse louche d’inconfort, mon bonhomme ! » Mais à toi, ami lecteur dont j’espère la complicité, je répondrais que fidèle aux indignations qui me semblent animer la réflexion de cet indiscutable honnête homme que fut Barth, je viens exprimer mon regard non-protestant sur l’engagement de pasteurs alsaciens partis en croisade contre le FN. Je me fiche de passer pour un Monsieur Jourdain du barthisme, mais je pense l’expression de ma prose capable de servir ; pourquoi la taire ? Ami, laissons notre pasteur BCBG se détourner, puisque c’est son affaire ; mais toi, fais-moi la grâce de me suivre dans ce récit authentique vieux de vingt ans où tu reconnaîtras peut-être l’illustration d’un mal toujours contemporain.

13 janvier 1996 — Aumônerie Universitaire catholique de Strasbourg. La réunion festive de Parténia où se commémorait le premier anniversaire de l’investiture de son évêque, Mgr Gaillot, avait été l’opportunité pour un pasteur de faire connaître l’initiative d’un groupe de ses confrères du nord de l’Alsace partis en croisade contre le F-Haine après les résultats des élections de 1995, de loin vainqueur dans les paroisses où ils officiaient. L’initiative avait ce jour là été saluée avec enthousiasme par l’ensemble des participants de Parténia-Strasbourg ; dont moi qui, sans toutefois y adhérer de façon formelle, me suis mis à accompagner ce mouvement dénommé Comprendre et s’Engager d’un regard très attentif.

Ainsi, malgré mes charges professionnelles et familiales, je me rendais assez régulièrement à ses AG qui se tenaient souvent loin de Strasbourg où je résidais à l’époque, de façon à informer au mieux les animateurs de Parténia-Strasbourg de ses initiatives à venir, et pouvoir ainsi s’y préparer à temps en les intégrant à notre calendrier. L’une d’entre elle m’avait particulièrement séduit : une soirée de prière œcuménique que Comprendre et s’Engager projetait d’organiser dans une paroisse catholique confrontée au même problème d’un vote FN majoritaire (à noter : dans les zones rurales du nord de Strasbourg, les villages sont soit à environ 90 % catholiques, soit à environ 90 % protestants).

À Parténia-Strasbourg, la réaction fut prompte et quelques coups de téléphone suffirent pour obtenir l’accord de principe d’une trentaine de musulmans, catholiques, juifs, protestants, bouddhistes tibétains, sans oublier un solide carré d’agnostiques/athées plus ou moins francs-maçons/libertaires, tous disposés à se recueillir dans cette construction méditative d’un soir. Proposition de participation fut sur le champ envoyée aux animateurs de Comprendre et s’Engager. Le désappointement fut à la mesure de la surprise provoquée par un refus laconique renvoyé quelques jours plus tard, laissant de fait penser qu’il avait été débattu. En substance : « Nous voulons préserver le caractère explicitement évangélique et chrétien de notre manifestation ».

Personnellement, j’ai l’absolue conviction qu’une réalité d’église ne peut que légitimer une réalité sociétale ; et que par voie de conséquence leur très explicite œcuménisme-d’église ne fait que légitimer le très exclusif œcuménisme-des-urnes qu’ils prétendent en toute sincérité combattre, mais qu’ils ne font que nourrir … ces pasteurs/huissiers prisonniers d’un esprit de chapelle qui les fait avant tout serviteurs d’un trousseau de clefs.

Ami, toi qui probablement connais bien la pensée de Karl Barth … m’aurait-il rejoint dans mon … jugement ?Ohhh, je t’entends déjà ! Bien-sûr que ce n’est pas beau de juger, ami ; mais que veux-tu ? … Nous vivons un temps de division où il me paraît primordial de ne pas se tromper avant de compter et peser.

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