Politique du Nouveau Testament

Lors de son intervention devant la 4Convention du Forum (Détresse du politique ?), François Vouga résume ce que le Nouveau Testament nous dit de la politique et en quoi cela peut et doit nous servir aujourd’hui.

 

3 thèses sur la politique dans le Nouveau Testament :

 

1. L’autorité politique n’est pas reconnue comme une puissance autonome, mais à partir de la conviction / du constat qu’elle est toujours une instance au service de –

– Romains 13 : au service de la Providence de Dieu = fondée, comme servante, sur un au-delà d’elle-même.
Les indicatifs de Romains 13, comme celui de Marc 10,43 ne sont pas descriptifs, mais définissent pragmatiquement (au sens des logiques de la communication) ce qui confère autorité au pouvoir politique.

– Apocalypse 13 : dévoyée, au service de la puissance totalitaire molle du dragon – qui prend une forme possible et exemplaire dans l’idéologie impériale de la mondialisation caractérisée par le désespoir / vide existentiel qu’elle manifeste / crée. La question critique est par conséquent la suivante : au service de qui l’autorité politique exerce-t-elle son pouvoir ?

 

2. Romains 13 ne défend pas une politique conservatrice, mais affirme le caractère de don providentiel d’une instance politique au service de l’organisation de la vie commune dans la cité / dans l’État

– l’argumentation ne s’oppose pas au changement, aux révolutions ou aux réformes,

– mais à l’anarchie : l’existence d’une instance publique comme lieu de gouvernance et de débat possible est préférable au libre exercice du pouvoir des plus forts. La question critique est par conséquent la suivante : comme résister politiquement à l’emprise anarchiste du moins d’État ?

 

3. L’image du corps social développée en 1 Corinthiens 12 et Romains 12 fournit le fondement anthropologique de la tradition démocratique occidentale

Les thèses théologiques / anthropologiques sont :

1. chaque être humain est reconnu comme personne indépendamment de ses qualités

2. le corps social est fondé sur l’universalité d’une reconnaissance réciproque.

Les thèses politiques sont :

1. tous les membres du corps sont indispensables à son bon fonctionnement

2. Le bon fonctionnement présuppose le respect mutuel de tous les membres

3. La diversité des membres est une condition nécessaire de l’unité du corps

4. Tous ont les mêmes responsabilités et les mêmes droits

5. L’universalité de la reconnaissance universelle requiert une attention particulière aux membres les moins considérés.

La question critique est par conséquent la suivante :

dans quelle mesure une démocratie qui identifie sujets et citoyens (Paul, Rousseau)

– résiste-t-elle aux présupposés et automatismes aristocratiques des systèmes électoraux et veille-elle à ce que chacun(e) soit réellement électeur/électrice et éligible

– s’immunise-t-elle contre

l’instrumentalisation de la politique par les partis

son parasitage par les intérêts propres de l’information et des média

Ne devrait-elle pas revaloriser le système athénien et néo-testamentaire du tirage au sort ?

 

(Illustration : Paul devant le proconsul Sergius Paulus, Raphaël 1515, Victoria and Albert Museum)

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