France Quéré, les femmes, le féminisme
Sous-titré Une relecture féministe collective, cet échange entre femmes du Groupe Orsay et d’autres réseaux sur des textes de France Quéré confronte sa pensée aux préoccupations de féministes chrétiennes d’aujourd’hui qui «se sont rendu compte soit qu’elles n’avaient pas suffisamment lu France Quéré, soit qu’elles l’avaient découverte il y a bien longtemps». D’où des surprises face à ce qu’elles trouvent d’actuel et d’inactuel dans l’écriture de cette «femme qui fait de la théologie sans devoir revendiquer une place particulière, et à qui on renvoie toujours cette question de la femme».
Échange publié dans le dossier France Quéré, Une foi vive, une pensée libre, de Foi&Vie 2025/2-3, pp.60-69.
Les auteures des pages qui suivent se sont réunies autour du projet de lire ou relire et analyser ensemble quelques textes de France Quéré pour ce dossier.
Membres du Groupe Orsay, du mouvement Jeunes Femmes, du Forum œcuménique de femmes chrétiennes d’Europe, de réseaux inclusifs, ou non, protestantes et catholiques, laïques, pasteures, sœur ermite, issues de différentes cultures et générations, engagées dans des lectures et réflexions autour du féminisme, elles se sont rendu compte soit qu’elles n’avaient pas suffisamment lu France Quéré, soit qu’elles l’avaient découverte il y a bien longtemps.
Le texte publié ici est donc constitué d’extraits de quelques-uns des exposés qu’elles ont partagés en visio (1) et des échanges qui ont suivi, en mars et avril 2025, sur le féminisme de France Quéré… et le leur.
Ont participé, d’une manière ou d’une autre: Martine Baud, Sœur Emmanuelle Billoteau, Joan Charras Sancho, Séverine Daudé, Jacqueline Dom, Angelika Krause, Claire-Lise Ott, Jane Stranz, Veronika Tober, Céline Viguié.
Quatre présentations
1. Une exégèse non systématique
Angelika Krause commente Les femmes de l’Évangile (2)
France Quéré annonce d’entrée de jeu qu’elle traitera du thème des femmes dans les évangiles de façon non systématique. Elle livre des passages d’exégèse classique, d’autres sont plus étonnants.
En 1982, comment entendait-on le mot féministe ? France Quéré a toujours refusé de se dire féministe. Pourtant elle paraît parfois l’être… Son langage peut être très incisif et pourtant, quand je suis arrivée en France, certaines choses m’ont paru très conventionnelles. Ici, dans ce livre que je ne connaissais pas, je suis assez enchantée par la perspicacité de certains passages, plus déboussolée par d’autres. Enchantée, par exemple, par ce passage:
«Il faudrait en finir avec cette bonté du Christ qui coule comme un sirop. Outre que les pharisiens n’avaient ce jour-là rien de mieux à faire que de décamper, jamais le Christ ne se réconcilie avec eux» (p.16).
Déboussolée, par exemple, parce que France Quéré a de nombreuses phrases qui parlent de «la» femme – même si plus tard elle insiste sur les différences. La femme adultère, la femme courbée… Presque 45 ans après, on dirait plutôt: une femme adultère, une femme courbée, etc. Sinon, on arrive vite là où la femme est aussi une femme : une femme prise dans une histoire particulière devient «une femme pour toutes».
Déboussolée aussi, étant d’origine allemande, par la manière dont elle parle des pharisiens et d’autres groupes issus du judaïsme. En 1982, n’est-elle pas consciente du fait que ceci peut nourrir un antijudaïsme parfois virulent ?
Quatre femmes
Dans sa présentation, Quéré se réfère à la traduction de Lemaistre de Sacy – une belle traduction historique, dans la tradition catholique romaine –, mais ne donne pas d’explication quant à ce choix. Dans l’échange que nous avons eu, ceci nous a intriguées, mais nous n’avons pas pu aller plus loin. Veut-elle sortir les textes d’une trop grande familiarité ? Ou encore: des qualificatifs comme «hémorroïsse», peu usités, obligent-ils à regarder de plus près de quoi il s’agit… ?
Deux femmes du premier chapitre de son livre montrent comment, aussi différentes qu’elles soient, elles deviennent instruments de polémique. Dans les évangiles, elles ne sont pas présentes pour elles-mêmes, dit France Quéré. Leur présence permet de mettre le focus sur le message de Jésus.
La femme adultère dans Jean 8,1-11: elle ne parle pas, elle devient vraiment objet – objet du regard des hommes. France Quéré se penche sur cette histoire comme s’il fallait regarder Jésus d’abord, ainsi que le font les scribes et les pharisiens qui arrivent. Elle dit joliment: «Ils essaient de le prendre soit en saint, soit en assassin».
La femme courbée dans Luc 14,1-6: Jésus la relève un jour de sabbat. Quéré écrit: «On croirait que Jésus n’a redressé la femme que pour faire baisser le nez à ses adversaires».
La foi personnelle est au centre du troisième chapitre où Quéré s’arrête longuement au sujet de la femme hémorroïsse. Celle-ci a saigné depuis douze ans et perdu toute sa fortune. Quéré fait une entrée en matière plutôt inattendue en se servant de la version de l’évangile de Matthieu 9,11-17, un texte très sobre. Contrairement à lui, Luc et Marc utilisent des formules qui attribuent des fautes à cette femme. Au sujet de cette femme, Quéré met en valeur le fait que le texte sert surtout à l’insérer dans une communauté, parce que Jésus l’appelle «cette fille d’Abraham». Elle n’a pas besoin de pardon; mais à travers sa foi, elle qui était exclue acquiert une appartenance.
Dans l’évangile de Luc 7,11-17, il est dit de la veuve de Naïn: «… et Jésus le rendit à sa mère». Elle avait perdu son mari, elle a perdu son fils.
Cet exemple me laisse perplexe comme féministe d’aujourd’hui: l’auteure fait entrer la veuve de Naïn dans l’histoire uniquement à travers sa fonction de mère et de veuve. Certes, c’est une compréhension qui colle à la sociologie du temps de Jésus: être femme d’un tel, mère d’un tel, ne pas porter de nom propre. Quéré observe que la femme est à peine évoquée dans le texte, même si elle postule qu’elle est le pivot du texte. Mais en quoi ? C’est là où je voudrais que Quéré aille plus loin. Quel avenir s’ouvre à cette femme, qui ne dépende pas de l’enfant qui lui est re-donné ? Il me semble qu’une présentation au 20e siècle pourrait envisager une résurrection de cette femme autrement que par la résurrection de son fils ! «La vie, une fois encore, l’emporte sur la souffrance des hommes et sur ces disciplines qui essaient au moins de mettre de l’ordre sur le bord des gouffres» (p.32). Cette veuve, cette femme dont Quéré dit bien qu’elle ressuscite avec le fils, reste invisible derrière des formules comme «la vie».
Des témoins «faibles»
Un passage central de sa réflexion tourne autour du rôle des femmes comme témoins de la Résurrection. On admet volontiers que ce sont les femmes qui découvrent la Résurrection. Quéré décrit comment beaucoup de commentateurs reprennent cela sur le ton : on vous a laissé, à vous les femmes, une part du gâteau évangélique ! Pour une fois, on reconnaît que vous avez devancé les hommes. Or France Quéré insiste plutôt sur le fait que, si on regarde bien le texte, on est devant une situation où l’on a besoin des femmes – elles qui sont récusées dans leur culture, qui n’ont pas de valeur de témoins –, dans une situation et une époque où l’Église n’a plus de témoins oculaires. Les évangiles sont écrits au moment où la Résurrection va être contestée et la première Église a besoin de témoins «faibles». C’est une position intéressante et décalée, qui ne cherche pas à être héroïsante ou glorifiante pour les femmes.
Pour moi, France Quéré nous propose à travers ces femmes, et bien d’autres, un commentaire qui peut être jubilatoire à cause de ses formules… même si, parfois, les formulations dépassent le travail sur le texte !
Je suis parfois restée sur ma faim, pourtant des passages comme celui qui suit m’ont réjouie par leur acuité. Je note que France Quéré récuse le terme de féministe, mais… jugez par vous-mêmes !
«Vous dites donc que notre christianisme a apporté la dignité aux femmes ? Prudence ! Quelle dignité ? La plus importante, répondez-vous, celles des êtres devant Dieu. On ne voit pas Dieu en face, mais de dos assez souvent, et il l’a bon. La dignité devant Dieu, cela veut dire qu’elles sont philosophiquement valeureuses, théologiquement estimables, exégétiquement méritantes, et qu’au ciel, où du reste ces notions de sexe, obsessionnelles ici-bas, se dissipent dans l’unité d’une harmonie parfaite, elles siègent à la droite du Seigneur. Désormais grâce au christianisme, c’en est fait des discriminations, sauf, il est vrai sur quelques points de détail temporaires qui méritent à peine d’être mentionnés, les honneurs terrestres qui sont du vent, les responsabilités, pesantes et corruptrices, l’autorité qui, m’a confié un véritable prélat, est la plus humble façon de servir. Pourpre cardinalice et blanc tablier, on ne distingue pas.» (p.168).
2. Un féminisme très modéré
Céline Viguié présente l’article Pour un féminisme total (3)
C’est un texte qui me précède – il a bientôt 50 ans ! – et je voudrais lui rendre justice sur le thème du féminisme. Cet article nous présente brièvement deux approches chrétiennes sinon du féminisme, en tout cas de la compréhension de la femme, avec presque un plan en trois parties :
1. «Inégalité et différence» entre hommes et femmes à travers le livre de la Genèse, mais surtout la question de la différence de nature, souvent utilisée par ceux qu’on appelle les «complémentaristes» – qui parlent de natures féminine et masculine.
2. France Quéré affirme que la différence de natures aboutit souvent, dans la perspective chrétienne, à une différence de fonctions – les femmes font ceci, les hommes cela. Le genre prend le pas sur les aptitudes, par exemple, mais parce qu’on s’appuie sur le texte biblique pour le justifier. Or «l’unité des créatures», au-delà des différences, dit une «identité totale», une identité commune. France y voit une question féministe.
3. Finalement, France Quéré se démarque d’une vision féministe pour laquelle homme et femme ont les mêmes dispositions et où ce n’est pas le genre qui détermine nos aptitudes. Elle glisse des nuances et prend de la distance. Elle n’adhère donc à aucune des deux premières thèses et nous propose une réflexion où elle trouve quand même beaucoup plus d’arguments en faveur de la deuxième thèse, l’unité des créatures.
Des décalages importants
Pour cela, elle utilise ce que j’appelle des arguments d’autorité et joue avec les codes d’adhésion implicite en passant en revue un certain nombre de Pères de l’Église cherchant à étayer la thèse 1: Tertullien, Jean Chrysostome, Augustin, Thomas, certains papes… Ils sont tellement misogynes qu’il est difficile d’adhérer à leurs propos, même avec beaucoup de mauvaise volonté ! La femme est née pour souffrir, elle est incapable par nature… C’est tellement décalé que cela peut caricaturer même la position opposée.
Je suis modérée sur la deuxième partie, Égalité et similitude, qui vient appuyer l’unité des créatures comme identité totale. France Quéré apporte des fondements théologiques, mais le contenu qu’elle développe (en quelques paragraphes), c’est: la maternité, le travail domestique, la question de la dépendance financière, les aptitudes à des carrières… avec une vision assez conservatrice de ces thèmes.
Et là, nos 50 ans d’écart se sentent fortement. Le constat m’a surprise : dans la partie théologique, je suis intéressée, j’ai l’impression d’être dans une présentation historique assez détachée, mais dès qu’on touche à la dimension du féminin, on a une vision très datée.
Un «féminisme total»
Dans sa quatrième partie, elle formule sa proposition à elle, ce qu’elle appelle un «féminisme total». Qu’est-ce que le féminisme total ? C’est militer à la fois sur l’égalité et sur la différence, dit France Quéré. Eh bien, en fait, c’est juste être féministe ! C’est être femme sans se soumettre à une oppression masculine, ni nous perdre nous-mêmes. Cette pensée se veut novatrice (nous sommes en 1976), mais je trouve que c’est la partie la plus vieillie. Il y a certes une dénonciation à la Ellul de tout ce qui est technologie et capitalisme, mais, par ailleurs, France émet pas mal de jugements, parfois réactionnaires, sur les femmes qui ne sont pas mères, sur la recommandation de ne pas donner aux hommes l’image d’une personne fourbue ou surexcitée – comme si les femmes actives devaient être ces caricatures… Donc, je vois bien la modernité qu’avait ce texte à l’époque, mais aussi toute la distance qui nous en sépare aujourd’hui.
Dans cette dernière partie, elle affirme que la femme ne peut être fondamentalement femme si l’homme est oppresseur, si sa parole est niée, s’il n’y a pas d’espace pour qu’elle puisse se développer comme femme. La notion de domination apparaît dans cette toute fin, une notion pas complètement assumée à l’époque, mais que le féminisme aujourd’hui a intégrée. Là, sa pensée est sûrement novatrice en son temps !
Quelle coexistence homme-femme ?
J’ai trouvé sa réflexion intéressante notamment sur la question de la symétrie: pour elle, l’homme et la femme sont des entités qui travaillent ensemble, vivent ensemble, mais sans que la «différence de nature» subordonne forcément l’une à l’autre. France Quéré évoque une «symétrie» du service entre hommes et femmes. Et elle a un petit paragraphe où elle parle de la paternité: pour pouvoir vivre le féminisme, il faut considérer aussi ce que font les hommes.
Son dernier paragraphe, tout de même, m’émeut, tant l’invisibilisation du discours féminin me semble, aujourd’hui encore, réelle. Car dans cette notion de coexistence, selon elle, la parole de la femme s’efface face au discours masculin dominant:
«Dans la parole de la femme, ce sens de la relation est, pour autant qu’elle ait résisté au discours dominant, moins massacré. La liberté, que les hommes ont presque toujours liée à l’idée d’indépendance, est chez elle spontanément livrée dans une relation. Dans cette dépendance, elle voit sa liberté» (p.1078).
Cette relation homme-femme, elle l’affirme donc «liée», ce qui est beau, mais ne libère pas une parole proprement féminine. Ainsi, en 1976, ce qu’elle pose comme la plus grande utopie nous apparaît aujourd’hui comme le début du travail et non la fin !
3. Une conviction en évolution
Jane Stranz propose quelques stations dans Au fil de la foi (4)
Où est Dieu ? (dans Le chemin de l’Écriture)
Dans le travail de France Quéré sur les Écritures, il y a un déplacement continuel sur qui est Dieu. Elle ne dit jamais Elle pour Dieu, elle n’utilise pas le langage inclusif, mais j’ai été heureusement surprise, par exemple, par l’expression «ton amoureuse éternité». À l’époque où elle écrit, en 1980, c’est, non pas novateur, mais sans doute déstabilisant pour certains de ses lecteurs.
Elle écrit encore:
«Devant la violence, Dieu sombre dans l’irrévélation. Il est happé dans les ténèbres. Combien ont perdu l’espérance, parce que l’horreur des crimes perpétrés contre l’homme avait frappé d’interdit toute idée de transcendance ? (…) Ne nous y trompons pas: le Dieu des riches, le Dieu des forts, le Dieu des affameurs et des exploiteurs, ce Dieu-là en effet n’existe pas (…). Où donc est Dieu ? Au cœur de ce qu’il a toujours été, cloué sur sa croix (…)» (5).
France Quéré déplace donc notre notion de Dieu et nous pouvons voir dans ce processus un travail de théologie féministe. Je ne dirai pas qu’elle était une théologienne féministe si elle ne l’a pas affirmé elle-même, mais il y a quelque chose d’intéressant dans son déplacement volontaire de qui est Dieu. Elle est proche du grec, plus que de l’hébreu – elle en parle dans un entretien. N’ayant jamais vraiment travaillé l’hébreu, elle n’est pas ouverte, par exemple, au féminin du tétragramme ou au féminin de l’Esprit saint…
Nous huguenotes, deux fois dissidentes (dans Les chemins de la vie)
Dans ce texte qu’elle a écrit pour les Informations catholiques internationales, France reconnaît son privilège de protestante vivant en couple mixte. Elle dit:
«Dieu (…) reconnaît à sa création au sein même de son unité, le droit d’être différente : de ne pas se ressembler. (…) Ce préalable théologique entraîne une conséquence réconfortante pour la femme. Sa différence est bonne, et non pas ignominieuse ou signe d’infériorité. Dès que l’humanité est deux, elle est différente en Adam et Ève. Dieu achève sa création par ce grand signe de la diversité, donné par la femme» (6).
On pourrait penser que France Quéré n’est pas égalitaire, pourtant elle l’est (elle se dit clairement favorable à l’indépendance des femmes), même si elle insiste sur la différence de la femme, la femme comme signe de la diversité, et qu’elle est très convaincue de son propre rôle non pas comme femme au foyer, mais comme mère qui assume ses responsabilités.
À la fin de cet article, je trouve très belle sa façon de parler des femmes huguenotes:
«De ces incomplétudes, nous huguenotes et deux fois dissidentes, avons, ou devrions avoir, une conscience aiguë : elles sont le propre relais de notre espérance» (7).
Elle se reconnaît redevable d’une histoire qui la précède, qui nous précède. Elle s’ancre donc dans une dissidence, protestante mais aussi au sein du protestantisme. C’est quelque chose qui peut créer des ponts vers des théologies womanistes, dans lesquelles les femmes noires, aux États-Unis, se disaient solidaires aussi des hommes noirs, et pas seulement des femmes blanches qui se voulaient féministes.
Homme et femme (8)
Ici, France Quéré parle du couple. Et elle demande qui formerait, aujourd’hui, un couple symbolique de notre société. Elle évoque Tristan et Iseult, Isaac et Rebecca, Roméo et Juliette… et, pour ces années 80, elle propose le couple «Jacques Chirac-Arlette Laguillier», comme «expressif des revendications de notre temps». C’est succulent ! Et ce n’est pas seulement une bonne formule. Parfois, nous souhaiterions trouver quelque chose de plus queer dans la théologie de France Quéré, mais quel esprit ! Elle est toujours prête à évoluer sans lâcher ses convictions.
Je vais aussi formuler un étonnement. Dans un court écrit intitulé En mémoire d’elles, publié en 1988 (9), elle parle des différentes femmes «sans nom» présentes dans les évangiles. Et elle n’y fait aucune mention d’Elisabeth Schüssler Fiorenza, l’auteure de En mémoire d’elle – Essai de reconstruction des origines chrétiennes selon la théologie féministe (Cerf, 1986). C’est étonnant. N’a-t-elle pas eu connaissance de ce livre, que des générations de femmes engagées ont lu par la suite ?
4. Le couple originel: une approche
Sœur Emmanuelle Billoteau, spécialiste des Pères et des Mères de l’Église, présente l’article intitulé Adam et Ève (10)
Le point de départ de France Quéré relève tout à la fois de faits démographiquement observables (mariage et natalité en berne, augmentation des divorces…) et de confidences (ami·e·s, collègues, personnes accompagnées ?) qui relèvent davantage de l’intime et manifestent que «l’amour traverse une crise grave».
Elle attribue cette crise au fait que les couples ne supportent plus ce qu’elle appelle des «contradictions bienheureuses» telles que: liberté et obéissance, étrangeté et identité, durée et intensité, gratuité et fécondité. Pour elle, ces pôles peuvent être liés, et c’est au récit de la Création, dont elle parle au singulier, qu’elle a recours pour montrer qu’ils ne sont pas incompatibles mais peuvent au contraire entrer dans une tension féconde et être le témoignage d’un amour vrai.
Elle fait remarquer que l’égalité homme-femme est posée dès le livre de la Genèse, qui n’en fait pas un but ou une prouesse, dit-elle, comme on le fait aujourd’hui. Son développement est centré principalement sur Genèse 2 qui, selon elle, fonde l’égalité des sexes, une égalité sur laquelle l’Écriture ne reviendra pas – ce qui, à mon avis, est discutable.
Plus largement, on voit qu’elle se démarque de son époque. Elle pointe la perte du sens du mystère de l’autre, de la personne, le manque de pudeur, un savoir plat qui prétend expliquer l’humain, fait de la sexualité une affaire d’hygiène.
Son propos est très structuré. Il a le mérite de faire découvrir ou redécouvrir au lecteur que la Bible donne à penser.
La solitude d’Adam
Je reprends le texte sur quelques points intéressants.
France Quéré suit Genèse 2, avec une petite incursion en Genèse 3, et le tout présuppose Genèse 1, avec son propos sur l’homme et la femme «créés à l’image de Dieu».
Dans son premier paragraphe, elle se consacre à la situation d’Adam dans la solitude et elle établit un lien entre Adam en manque d’altérité et Dieu. J’aime beaucoup sa formule. Elle dit que l’identité de Dieu est «une requête d’altérité, comme en témoignent la Création, les alliances, l’incarnation». En donnant à Adam une compagne, Dieu le fait sortir de sa suffisance, qui le fait «trop peu Dieu». Elle parle souvent de cette dimension de la divinisation. Pour moi, cela fait écho à un Père de l’Église, Irénée de Lyon, qui développe beaucoup ce thème. Dans le monde orthodoxe, c’est quelque chose d’important.
Ensuite, elle évoque la création des animaux comme un test, puis s’arrête à la qualification de la femme comme «une aide en face». Pour France Quéré, cet «en face» est une clé de lecture essentielle.
«Attachée à cet »en face », une forte idée émerge: l’amour humain est un amour d’égalité. Seul un humain rencontrera Adam à hauteur des yeux. Ils pourront se dévisager. Dieu est trop haut, les animaux sont trop bas.»
C’est très voisin de la pensée d’Emmanuel Levinas, qu’elle cite à la fin de son texte. Levinas, on le sait, a toute une méditation sur le visage, en particulier dans un ouvrage intitulé Éthique et infini. Le texte de Levinas est un peu antérieur et je pense qu’il y a des points de contact entre les deux.
France dit qu’aimer le vis-à-vis n’est pas obéir à plus grand que soi ni dominer le plus petit. Pour elle, cet «en face» pose l’égalité des sexes: il n’y a pas de couple possible sans cette égalité.
Le mystère de la création de l’autre
Dans le deuxième paragraphe, elle s’interroge sur le sommeil d’Adam pendant la création de la femme. Cette création dans le secret fait signe vers le mystère, dont chaque être humain est porteur. «L’homme image de Dieu relève de la transcendance du Tout-Autre.» C’est une belle expression. «Nul ne doit savoir qui il est ou comment il est fait.» C’est là qu’elle se distancie de notre temps et de sa volonté de tout expliquer. Pour elle, cette transcendance ouvre sur le respect et la pudeur. Elle s’arrête sur l’attitude d’Adam qui découvre son vis-à-vis. «Il ne tutoie pas la femme. Il la découvre comme lui, mais ne la traite pas comme sienne. Il en parle à la troisième personne, comme si, étrangère, elle ne comprenait pas sa langue.» Tout cela manifestant une pudeur qui «s’écarte à dessein de l’objet qu’elle brûle d’atteindre. La femme est l’autre de lui, et il est l’autre d’elle».
«Chair de ma chair»
Le troisième paragraphe est intitulé Identité sous pavillon étranger. «Si Adam perçoit l’altérité, il perçoit plus encore l’identité – “os de mes os, chair de ma chair”.» La femme est donc lui, mais elle est aussi hors de lui. Le jeu de similitude-altérité, la surprise qui naît de la rencontre révèlent Adam à lui-même et à son propre mystère: os et chair, donc à son intériorité. À partir de là, France met en évidence que chacun ne doit d’exister qu’à l’autre. Et, retour au monde contemporain, elle affirme que tout cela montre l’illusion d’une recherche d’autonomie, d’indépendance, de liberté à tout prix… sans toutefois creuser la signification de ces termes, qui à mon avis ne se recoupent pas totalement et sans expliciter non plus le pourquoi de telles revendications. Elle a cette formule choc: «L’amour est une liberté qui s’enchaîne». Il n’y a pas d’indépendance. Adam se connaît par son vis-à-vis, et elle ne se connaît que par lui. On est dans l’ordre d’une entière réciprocité.
Dans le paragraphe suivant, elle aborde la qualification de la femme: «os de mes os, chair de ma chair». Pour l’auteure, ce qu’Adam célèbre dans la femme est «plus que soi» et elle renvoie à Levinas qui affirme: «Autrui est toujours plus près de Dieu que moi». Il y a une sorte de reconnaissance qui dépasse le sentiment amoureux et qui fait percevoir la grandeur et le mystère de l’autre, qui pose l’autre comme supérieur à moi, d’une certaine façon.
Au-delà du couple
Dans le paragraphe intitulé Le plus rusé des animaux, Adam donne un nom à la femme: l’homme, «ish», nomme la femme «ishah». Ce qui intéresse France Quéré, c’est qu’Adam va plus loin que le singulier: «Il émet une généralisation au-delà de sa femme».
Elle interroge:
«Pourquoi Adam se met-il à faire de la sémantique en découvrant le corps féminin ? Pourquoi énonce-t-il des généralités devant une créature absolument singulière ? Et pourquoi édicte-t-il des règles lorsque pour la première fois il frissonne de désir ? Car ici il nomme non pas la femme seule, mais toutes les autres, qui n’existent pas. Le premier couple n’est pas formé que déjà ravi à sa solitude, et renvoyé vers une humanité plus vaste, qui, sans être encore, est cependant attestée par la présence de Dieu et par son œuvre».
Pour elle, tout couple renvoie à plus que lui-même. Le couple n’est pas une entité séparée des générations qui le précèdent ou le suivent. Quelque chose, dans le couple, va plus loin que soi et ses propres sentiments, qui peuvent être fluctuants.
Pour conclure sur cet article, France Quéré a des formules frappantes, des trouvailles, mais le lecteur séduit reste un peu sur sa faim à cause du côté très traditionnel de son approche sociétale. Elle est centrée sur le couple hétérosexuel, ne parle pas des célibataires … Son propos est celui d’une moraliste: elle fait plusieurs fois référence à l’éthique, c’est ce qui semble fonder son discours.
Elle est aussi très péremptoire sur les revendications du féminisme. Au terme de l’article, les requêtes féministes telles que liberté, autonomie-indépendance, intensité du sentiment, etc., sont disqualifiées, sans qu’elle ait pris le temps de les contextualiser. C’est dommage: elle semble minimiser le contexte de société patriarcale, où les femmes n’ont acquis certains droits que récemment. Est-ce la volonté de prendre des distances par rapport à certains mouvements féministes radicaux ? Sa position relève-t-elle d’une stratégie, à savoir faire passer ou rappeler un essentiel – l’égalité homme-femme – à un lectorat rétif à certaines positions féministes ou au féminisme ? Il est difficile de répondre à la place de l’auteure !
Échanges de réactions spontanées
Les exposés qui précèdent ont été suivis d’échanges en visioconférence. Nous en partageons ici quelques thématiques.
Jane Stranz. Une question m’a poursuivie en parcourant les textes de France Quéré: n’y a-t-il pas eu une plus grande réception de ses écrits par les hommes que par les femmes, en particulier de son vivant ? La construction de sa pensée, son élan, dans les années 70-80, semblaient attirer l’admiration de certains hommes dans nos Églises. France Quéré était très appréciée par des théologiens catholiques. Elle est sans doute la représentante protestante qui a siégé le plus longtemps au Comité consultatif national d’éthique. Elle avait cette renommée et, quand je suis arrivée en France, je rencontrais fréquemment son nom.
J’étais formée au féminisme et elle ne correspondait pas à ma recherche, mais je suis beaucoup plus positive en la relisant maintenant: j’aime sa finesse à la fois spirituelle et exégétique, malgré des lacunes, et son sens de l’écriture !
Aujourd’hui, nous avons moins de théologiennes féministes, mais nous avons des femmes théologiennes. France est une femme théologienne. Elle est une sorte de précurseure, pour notre époque – bien après Hildegarde von Bingen, Catherine de Sienne ou les réformatrices. C’est une femme qui fait de la théologie sans devoir revendiquer une place particulière, et à qui on renvoie toujours cette question de la femme. Une question qu’elle prend au sérieux, sur le plan des questions éthiques, sociales, scripturaires, philosophiques, etc.
J’ai pensé à Sarah Coakley, une théologienne anglicane, qui dit: «Nous avons besoin d’une théologie totale» (11). France Quéré était pleinement théologienne, dans un sens plus ancien de la théologie: la théologie comme matière complète, car elle était à la fois journaliste, éthicienne, musicienne… Et nous avons perdu cette personne tellement tôt ! Il manque tout ce qu’elle aurait pu être après, au Groupe des Dombes ou ailleurs.
Claire-Lise Ott. Je suis un peu plus âgée que France Quéré ne l’aurait été aujourd’hui. Dans l’article Pour un féminisme total, sur toute la partie biblique, j’avais l’impression qu’avec le Groupe Orsay nous avions tellement bien travaillé cette histoire de la Création, de l’homme et la femme… que j’ai préféré m’accrocher à la dernière partie de l’article, sur les relations privées et publiques. Elle élargit jusqu’à la philosophie, elle fait le procès du capitalisme, de la bureaucratie. Je la trouve plutôt visionnaire parce qu’elle a développé ce que la femme pourrait apporter en participant davantage à la marche de la société.
Il faut se rappeler que le féminisme, à ce moment-là, c’était le MLAC (Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception), ou le MLF (Mouvement de libération des femmes), et France Quéré avait peut-être ses raisons de refuser l’étiquette de féministe. J’ai aussi été réticente, au début, à me dire féministe. Mais le Mouvement Jeunes femmes, le Collectif contre le viol et d’autres, auxquels nous prenions part, étaient souvent inspirés par le christianisme et ne faisaient pas de place à la violence.
Angelika Krause. Je voudrais revenir sur La femme avenir (12) et ma réaction touche trois sujets:
• Je n’ai pas trouvé sous la plume de France Quéré une réflexion sur ce décalage de pouvoir entre hommes et femmes. Elle le nomme, parfois avec beaucoup d’acuité, mais elle ne dit pas comment se fonde cette question du pouvoir, tout en travaillant avec Ellul. Avec notamment cette interrogation: les relations de notre société ne portent-elles pas finalement davantage les hommes que les femmes ?
• Au sujet des différents féminismes, j’ai voulu retrouver qui avait publié en 1976. Hélène Cixous avait quand même déjà fait paraître une grande partie de ses écrits – on n’est pas chez les dinosaures ! Alors, j’ai l’impression que France Quéré utilise le mot de féminisme çà et là, de façon non construite, en positif ou négatif, selon ce qui l’arrange.
• Elle ne réfléchit pas sur des sujets, comme la maternité, liés à la situation femme ou à la fonction femme. Elle affirme qu’il faut valoriser cet état et que le féminisme ne le valorise pas.
Finalement, je suis restée ambivalente dans ma réception de ce livre parce que France Quéré semble prôner un genre de différentialisme (posant donc une différence de nature qui emporterait le reste), un peu caché et peu pensé.
Pour moi, il est plus intéressant de se demander : «Est-ce que les humains sont des êtres de relation ?» avec ce qu’on appelle aujourd’hui la deep ecology (l’écologie profonde) et le reproche d’un individualisme égocentré. Comment se construit cette question de relation ? En 1976, on ne pouvait peut-être pas encore le penser.
Veronika Tober. Sur la question de la relation, et aussi du service, j’ajouterais que quand France Quéré aborde ces notions, dans Pour un féminisme total, sa réflexion manque de profondeur, selon moi: homme et femme, nous sommes des êtres de relation et nous sommes appelés de façon égale au service ! On ne peut pas pousser la femme dans cette dimension, tandis que l’homme serait du côté de l’indépendance.
Et puis elle pense avec les pôles homme et femme. Or aujourd’hui, nous savons que les limites entre les deux sexes sont plus floues, que de plus en plus de personnes ne peuvent s’identifier ni à l’un ni à l’autre. Nous n’en étions pas là à cette époque, mais nous avons été invitées à réagir à ce texte des années 70 avec ce que nous sommes aujourd’hui ! En 2025, nous nous retrouvons donc un peu à distance de ce que nous lisons chez France Quéré, et c’est normal.
Séverine Daudé. J’aurais voulu souligner deux choses que m’inspirent nos lectures. D’abord, le refus de la maternité par les mouvements féministes de l’époque, qu’on a souvent évoqué, je crois qu’il est remplacé aujourd’hui par le refus de la religion. Jusque dans les années 70, le fléau, c’était la maternité imposée, mal vécue, etc. Actuellement, l’ennemi désigné des mouvements féministes (hormis ceux qui se disent croyants – femmes chrétiennes, juives, musulmanes… – qu’on entend moins), c’est la religion ! Nous avons eu au Groupe Orsay des années de discussions sur l’articulation «femmes, féminisme et religion».
Autre chose: le profil de la femme célibataire, aujourd’hui tellement fréquent, l’était beaucoup moins à l’époque et je pense que ce n’est pas celui qui intéresse prioritairement France Quéré. Ce qui la porte, c’est la femme en famille, avec un mari et des enfants.
Jane Stranz. Effectivement, dans ce que nous avons lu, il n’y a pas cette pensée pour un monde célibataire, avec ce monde célibataire actuel, qui conçoit la famille autrement – une famille qu’on se construit soi-même, parfois autour de l’amitié. Ce n’était ni son milieu ni son époque.
Au sujet de ce qu’on appelle aujourd’hui complémentarisme et égalité, France Quéré ne se dit pas de tel ou tel côté, elle utilise un autre chemin. Et c’est la marque d’un réel engagement que de parler alors d’un féminisme positif qui ouvre des utopies philosophiques. Je trouve cela interpellant, tout comme ce qui touche à l’utopie, surtout à un moment où nous avons l’impression de vivre ce qu’on pourrait appeler une dystopie, un effondrement de nos espoirs pour plus de justice et d’égalité, une négation même de ces valeurs. Faut-il se préparer à une dystopie misogyne à venir ?
Christiane Delteil. Pour ma part, je voudrais dire merci pour avoir partagé les mots choisis par France Quéré, qui est aussi une poétesse. Et par rapport à ce qu’on met sous les mots divin, divinité, Dieu, ce langage est plus parlant que la seule théologie. Les textes que vous avez choisi de nous lire dans Au fil de la foi sont très beaux et nous invitent à entrer dans sa manière à elle de dire le féminisme.
Jane Stranz. France Quéré parle notamment d’«incomplétudes» et on retrouve ce mot chez Élisabeth Parmentier, dans Cet étrange désir d’être bénis (13), au dernier chapitre. Incomplétude ? Inachevé ? Cela désigne ce qui reste à faire, la Création toujours en devenir… Par ailleurs, j’ai été très interpellée par l’ouverture à la question de la «divinisation de l’humain» (évoquée au sujet du texte Adam et Eve). C’est un thème que l’on retrouve chez Grace Jantzen, une théologienne féministe qui a également écrit sur les mystiques. Je trouve intéressant que France Quéré se saisisse de ce sujet, parmi d’autres thèmes repris plus tard par des théologiennes plus clairement ancrées dans le féminisme.
Joan Charras Sancho. Moi, je suis hyper-contente de vous avoir rejointes, parce que je réalise plein de choses avec cet échange ! Je suis une lectrice de Manon Garcia : Vivre avec les hommes – Réflexions sur le procès Pelicot (14). Ou de Mona Chollet. Je lis toutes les féministes francophones, ce qui vient du Québec. Je suis dans une collective qui traduit Indecent theology de Marcella Althaus-Reid. Ce sont des livres qui me retournent la tête et je me mets à gamberger sur l’Évangile, le monde… ça me déplace !
Alors, il y a un côté assez lisse dans ce que France Quéré écrit, qui m’ennuie un peu mais qui me rappelle qu’elle ne s’est pas exprimée dans une période où la parole des femmes était très libre. Et à son époque, elle a peut-être été au maximum acceptable pour une théologienne. Donc, c’est chouette de voir ce que des femmes ont écrit dans une période, pour ouvrir très progressivement un petit chemin, et permettre à d’autres femmes de dire ensuite d’autres choses.
Illustration: portrait de France Quéré (photo famille Quéré).
(1) D’autres exposés ne sont pas publiés, pour des raisons de forme notamment. Ils portaient sur les écrits de France Quéré suivants: Une lecture de l’Évangile de Jean et un commentaire sur Marie de Magdala, dans Évangiles apocryphes (exposés d’Angelika Krause); L’éthique et la vie (présenté par Claire-Lise Ott) ; Réflexions de Grégoire de Nazianze sur la parure féminine – étude du poème sur la coquetterie, texte paru dans la Revue des sciences religieuses (par Sœur Emmanuelle).
(2) France Quéré, Les femmes de l’Évangile, Seuil, 1982.
(3) France Quéré, Pour un féminisme total, Esprit 458 (1976/6).
(4) Double volume : Le chemin de l’Écriture et Les chemins de la vie, qui réunissent un choix d’articles et de conférences de France Quéré (Desclée de Brouwer, 2000).
(5) Ibid., Le chemin de l’Écriture, pp.265-266.
(6) Ibid., Les chemins de la vie, p.326.
(8) Ibid., pp.217-233. Reprise d’un article publié en 1983: France Quéré, Homme et femme, Foi&Vie 1983/1, pp.17-31.
(9) Quéré, Le chemin de l’Écriture, op.cit., pp.245-247.
(10) Le genre humain 13 (1985/2 : L’amour), Seuil. Sœur Emmanuelle Billoteau a publié Des femmes en quête de Dieu, Découverte des Mères du désert, Salvator, 2023.
(11) Sarah Coakley, God, Sexuality and the Self, An Essay ‘On the Trinity’, Cambridge University Press, 2013.
(12) France Quéré, La femme avenir, Seuil, 1976.
(13) Élisabeth Parmentier, Cet étrange désir d’être bénis, Labor et Fides, 2020.
(14) Manon Garcia, Vivre avec les hommes – Réflexions sur le procès Pelicot, Flammarion (Climats), 2025.
