Interminable humiliation? - Forum protestant

Interminable humiliation?

«Un énorme problème»… qu’on ne veut pas trop voir. Dans cette introduction à son nouveau livre De l’humiliation, Olivier Abel liste les effets redoutables d’un processus qui vise d’abord à «faire taire» et appelle à une «véritable redécouverte éthique et politique de la reconnaissance et de la considération mutuelle».

Avec l’aimable autorisation des éditions Les Liens qui libèrent.

 

Un processus qu’on ne veut pas voir

Nous le savons désormais: une élection présidentielle peut se gagner ou se perdre sur un sentiment d’humiliation ou sur son adroite manipulation, sur son déni méprisant ou sur sa sincère prise en compte. Un président peut être jeté par une société au motif qu’il serait trop souvent apparu comme humiliant. Un président peut être élu parce qu’il prête sa voix au sentiment d’humiliation d’une société. On a ainsi vu, à l’ombre de la démocratie, des majorités dangereuses porter Trump ou Erdogan au pouvoir. Ces majorités anti-démocratiques, et profondément apolitiques, poussent aux portes de notre histoire. Pourquoi? Comment? C’est ce qu’il nous faut comprendre.

Or tout cela n’est peut-être que l’infime partie visible d’un énorme problème. Il s’agit certainement d’abord d’un problème politique, avec l’invasion de l’espace politique par des affects et des sentiments qui sont essentiels au lien social, mais qui jadis trouvaient sans doute leur place et leur forme canalisée dans des espaces méta-politiques, les théâtres et notamment le tragique dans la Grèce ancienne, les synagogues, temples et les églises jusque dans la société des années 1950, et peut-être naguère encore dans le cinéma compris comme un grand rituel collectif. Cette question de la place des sentiments a été soulevée par de nombreux auteurs, et tout récemment encore avec Les épreuves de la vie de Pierre Rosanvallon (1). Le danger que représente la violence verbale et imaginaire des réseaux sociaux pour la démocratie et la civilité est apparu lié en profondeur à cette crise sociale que signalent entre autres les gilets jaunes. Les nouveaux modes de communication laissent des masses qui nous semblent inorganisées, mais qui peuvent soit réveiller la démocratie, pour la réinventer, soit aussi réitérer sous des formes inédites quelque chose que jadis on appelait le fascisme. D’où notre inquiétude.

«Nous ne comprenons pas ce qui nous arrive, ces colères qui montent en miroir sans plus rien chercher à comprendre.»

Mais n’est ce pas plus général? Quel est ce mauvais plaisir que nous prenons à nous moquer des idéaux auxquels d’autres tiennent de toute leur vie? Le drame des caricatures du Prophète n’est-il pas aussi un drame réel de l’humiliation, même s’il s’agit d’une humiliation entretenue et manipulée par les djihadistes? Ou bien pourquoi le plaisir du spectateur à voir humilier un personnage public? Qu’est ce cela fait de nous, ces lynchages médiatiques qui dévoilent rageusement des vies intimes, sans pudeur ni limite? Pourquoi les humains ont-ils si souvent la tentation d’abuser de leur moindre pouvoir, dès qu’ils peuvent montrer à d’autres qu’ils les dominent, qu’ils sont du bon côté du manche? Nous ne comprenons pas ce qui nous arrive, ces colères qui montent en miroir sans plus rien chercher à comprendre.

Je voudrais proposer ici une hypothèse de lecture: dans tous ces processus il est question de l’humiliation, qui est partout dans nos sociétés, et que nous ne voulons pas voir. C’est qu’elle est difficile à mesurer, et semble purement subjective: ce qui humiliera l’un laissera l’autre indifférent. Elle est même souvent instrumentalisée par le machiavélisme politique, ou par le fanatisme religieux, quand elle n’est pas tout simplement une technique de management. Et cela, d’autant plus que nous nous sommes enfoncés dans le déni de l’humiliation, de sa gravité, de son existence même: il est rare qu’on se plaigne d’avoir été humilié.

 

Insensibilité et susceptibilité

Nous sommes une société extrêmement sensible à la violence, et aux questions de sécurité des personnes et des biens: nous craignons la violence, et nous sommes prêts à beaucoup de sacrifices pour en être protégés. Nous sommes également dans une société extrêmement sensible aux injustices, et aux questions d’inégalité ou de solidarité : nous avons des droits, et nous n’hésitons pas à les réclamer, à en demander davantage.

En revanche, nous sommes étonnamment insensibles aux humiliations, aux paroles humiliantes, aux gestes humiliants, et plus encore aux situations humiliantes. Et pourtant c’est l’humiliation qui empoisonne les violences et les inégalités, et elle est là, logée jusqu’au cœur même de nos institutions de la justice pénale et de la solidarité sociale. L’humiliation est donc une question éminemment politique. Il nous faudra enquêter sur les racines de cette insensibilité collective, sans jamais oublier la terrible capacité des humains à s’humilier eux-mêmes, à s’auto-mutiler, à s’auto-insensibiliser.

Le premier propos de ce livre portera donc sur cette importance de l’humiliation, et sur son déni, sur cette curieuse insensibilité. Mais presque aussitôt surgit le propos inverse: il y a dans le même temps, et de plus en plus, dans nos sociétés et dans le monde, une immense susceptibilité, une ultra-sensibilité à l’humiliation: c’est peut-être l’une des grandes passions proprement démocratiques, que cette intolérance à l’humiliation, que cette requête incessante d’égale dignité. Et ses effets ne cessent de monter et d’atteindre peu à peu toutes les rives de notre civilisation.

L’affirmation black lives matter le dit aujourd’hui avec force: ce qui a été le plus insupportable dans l’entreprise coloniale, et dans tout ce qu’il en reste et se poursuit sous d’autres modes, c’est l’humiliation. La violence millénaire des colonies humaines a toujours existé, mais le colonialisme occidental moderne a été très particulier, et il a laissé une structure d’humiliation très profonde. En effet c’est en apportant une idéologie de l’émancipation universelle et de l’égale dignité de tous les humains qu’il s’est établi, tout en reproduisant et en maintenant un modèle paternaliste de perpétuelle minorisation, un modèle impérial de domination et d’exploitation, sinon un modèle pastoral archaïque où les peuples indigènes étaient des êtres inférieurs à garder comme un troupeau inconscient de ses propres ressources. Ce n’est pas un hasard si les pays et les traditions qui ont le plus fortement réagi à l’humiliation coloniale, que ce soit dans le Proche-Orient musulman ou dans le marxisme chinois, sont aujourd’hui à la tête de la révolte contre l’idéologie universaliste des Lumières et des Droits de l’homme, perçus comme une humiliation culturelle.

«C’est une expérience sociale critique, qui nous oblige à tout compliquer.»

Mais on verra qu’au cœur le plus libéral de nos sociétés la sensibilité démocratique à l’humiliation institutionnelle est très vive, et particulièrement dans les milieux libertaires, réfractaires à toute hiérarchie. Ce sera d’ailleurs l’un des propos majeurs de ce livre que de tenter de déconstruire autant que possible les mécanismes par lesquels les institutions sont porteuses d’humiliations. Et pourtant l’humiliation n’est pas seulement verticale : il y a une humiliation horizontale, d’égaux à égaux, de proche en proche. D’ailleurs les humains sont moins tenus en servitude que de plus en plus et massivement tenus comme inutiles, insignifiants, jetables. Si l’esclavage est humiliant pour des sujets qui se considèrent comme radicalement égaux, la forme ultramoderne de l’humiliation n’est plus tant celle de l’esclavage que celle, d’une barbarie égale et ultra-moderne, d’être simplement exclu et jeté comme superflu.

L’humiliation est ainsi partout dans nos sociétés, invisible ou omniprésente: nous allons voir à quel point elle est un bon analyseur des ambivalences de notre expérience, dans tous les sens. C’est une expérience sociale critique, qui nous oblige à tout compliquer.

 

Au cœur de notre psychisme et de notre histoire

C’est aussi qu’elle se loge non moins profondément dans la profondeur intime de nos vies affectives et de nos formes de famille. L’interminable humiliation des femmes tenues en quasi-domesticité dans la plupart des sociétés traditionnelles, et qui perdure bien souvent aujourd’hui, en est l’indice. Cela ne veut pas dire qu’elles n’aient pas souvent été, et ne peuvent pas à leur tour devenir humiliantes, parfois, et c’est cette universalité de l’humiliation, plus sourde mais plus ample sans doute encore que celle de la violence, qui devra nous interroger. Le tragique qui marque l’histoire des familles depuis l’Antiquité semble trouver de nouvelles formes à chaque génération.

Les multiples scénarios de l’humiliation sont profondément inscrits au cœur de notre psychisme et de notre histoire. Ce n’est pas un hasard si deux des épopées au fondement de notre civilisation européenne, l’Iliade et la Genèse, ne sont que les suites de colères initiales, issues à chaque fois d’une scène primordiale d’humiliation. La colère d’Achille provient de l’humiliation qu’il subit de la part d’Agamemnon, qui ne respecte pas la part qui revient à chacun dans les prises de guerre, et qui dans un face à face rageur lui prend sa part chérie. Ne pas être reconnu pour son importance, quelle humiliation! La colère meurtrière de Caïn provient de l’humiliation de voir que son sacrifice ne plaît pas à Dieu, alors que celui de son frère Abel est trouvé agréable. Les passions humaines, la jalousie, l’envie, la vanité, proviennent de ce terrible et perpétuel et humiliant besoin de toujours se comparer.

Il est possible que bien des colères soient des symptômes d’humiliation. La simple violence ne nous ferait pas réagir avec cet excès. Ce qui est certain c’est qu’elle n’est pas du même ordre: si les violences s’attaquent au corps de l’autre, l’humiliation s’attaque à son visage, elle fait perdre face. L’humiliation offense, ridiculise, avilit, mais surtout elle fait taire le sujet parlant, elle lui fait honte de son expression, de ses croyances et de ses goûts, elle ruine sa confiance en soi, elle dévaste pour longtemps les circuits de la reconnaissance, et laisse derrière elle une parole dérisoire ou fanatique.

Cette parole humiliée, nous allons la trouver au cœur de l’humiliation culturelle, elle-même au centre de la fracture sociale. La culture, dont on sait désormais qu’elle est considérée par le capitalisme comme une marchandise inessentielle, est méprisée, et on sait le mépris dans lequel sont tenues les humanités classiques, le latin, le grec, qui sont en train de disparaître de nos collèges. Mais nul n’aura honte de lire Sophocle ou Victor Hugo dans le métro: ce n’est pas le cas pour la Bible, considérée comme de la littérature religieuse idiote, vulgaire, fanatique ou superstitieuse. Les cultes sont chez nous plus humiliés encore que les cultures dont ils avaient souvent été la tige. C’est un des nœuds de notre question. Il ne saurait y avoir place pour les humanités bibliques ou coraniques dans le monde universitaire ! Et ces textes et traditions auxquels sont profondément arrimées les cultures et les populations sont tenus comme négligeables et ridicules.

C’est ainsi que l’humiliation peut atteindre des communautés entières, des minorités langagières, ou religieuses, mais aussi sexuelles, raciales, sociales, etc. Les formes de langage et d’expression sont des formes de vie, qui peuvent être écrabouillées par les normes et formes dominantes. On sait le combat LGBT et queer pour la reconnaissance, et le mot pride, fierté, dit bien qu’il s’agit de sortir de l’humiliation. Là aussi cependant l’histoire de l’humiliation est une dynamique à comprendre dans la durée, et une communauté longtemps humiliée acquiert une résilience qui lui permet parfois de retourner la situation à son avantage : les huguenots traqués par Louis XIV et persécutés jusqu’à la Révolution auront souvent été les banquiers et les industriels du 19e siècle.

«Pourquoi l’humiliation appelle-t-elle toujours l’humiliation?»

Il arrive même qu’une majorité soit humiliée par une minorité devenue dominante et devienne une majorité dangereuse, incapable de se rassembler autrement que dans cette dangerosité même. Le récent épisode Trump est un terrible concentré du destin de l’humiliation, sous sa double face humiliée et humiliatrice. Porté au pouvoir par des électeurs dont on a beaucoup dit qu’ils se sentaient relégués, d’autant plus désireux d’afficher leur ancienne suprématie que celle-ci est battue en brèche, Trump a rejeté avec brutalité les médias, les conseils, le langage même de l’establishment. Il a usé de tous les nouveaux moyens et réseaux de communication, jetant les bases d’une psychologie de masse de la grossièreté brutale, jusqu’à ne pas sentir qu’il passait toutes les limites. Jusqu’à ce que son tweet lui soit coupé. Cette histoire peut-elle s’arrêter ainsi? Quels effrayants souterrains cette nouvelle humiliation va-t-elle emprunter? Pourquoi l’humiliation appelle-t-elle toujours l’humiliation?

Parmi les causes de guerres et de conflits, on surestime la rationalité des intérêts, et on sous-estime ridiculement le rôle de l’humiliation, qui prépare les violences et les guerres de demain. L’histoire est complexe, bien sûr, et il n’y a jamais un seul facteur qui explique tout, mais l’humiliation du Traité de Versailles n’est certainement pas pour rien dans la venue de Hitler au pouvoir. Et que nous prépare pour demain la longue humiliation de la Chine? C’est bien le cœur du discours de Xi Jinping aujourd’hui: «l’humiliation c’est fini!».

Combien pourtant nous oublions vite! À la chute du mur, l’Occident triomphant n’a pas hésité à humilier la Russie, avec les interminables conséquences que l’on sait. Réagissant à Saddam Hussein puis à l’humiliation des attentats du 11 septembre, les USA ont humilié le monde arabe et musulman par leurs drones et leur guerre zéro mort. Israël est perçu comme une colonie occidentale perpétuellement humiliante. L’Europe n’a cessé d’humilier la Turquie en lui imposant des critères qui n’avaient pas été appliqués aux autres pays candidats. Nous avons instrumentalisé les pays de notre périphérie, pour en faire une ceinture non démocratique destinée à nous protéger. Nous avons levé de plus en plus haut les barrières des visas, et massivement refusé des réfugiés accueillis par millions dans les pays de notre périphérie. Nous avons disqualifié l’idée même de démocratie.

Beaucoup de nos sociétés jadis démocratiques sont rongées par ces manipulations de la peur et ces politiques du ressentiment qu’attisent les réseaux sociaux, mais aussi les médias les plus dignement établis, où s’affichent désormais sans vergogne les haines, les insultes et les mépris. La barbarie pousse à nouveau aux portes de notre Histoire.

 

Pour des institutions non-humiliantes

Pour faire barrage à la barbarie, il faudrait tout de suite, partout, arrêter l’humiliation. En tous cas il serait déjà urgent d’imaginer ce que serait une société dont les institutions (police, préfectures, administrations, prisons, hôpitaux, écoles, etc.) seraient exemplairement non-humiliantes (2). Dans l’état actuel de nos économies à très faible croissance, il faudrait un énorme effort pour obtenir une société plus juste ; mais ne faut-il pas changer d’optique prioritaire, et essayer de mettre en œuvre, partout, une société moins humiliante? Est ce que cela n’aurait pas de gigantesques effets économiques et démocratiques? C’est possible et urgent, faisons le! Il s’agira ici de penser non seulement les conditions d’institutions non-humiliantes, ou le moins humiliantes possible, mais une véritable redécouverte éthique et politique de la reconnaissance et de la considération mutuelle qui nous manque.

Le terme même d’humiliation est difficile à manipuler, car il décrit un sentiment complexe, composite et mouvant. Les mêmes choses, humiliantes en certaines périodes ou contextes, ne le seront pas en d’autres. Nous ne confondrons d’ailleurs pas les actes et les gestes d’humiliation intentionnelle et le sentiment d’humiliation qui peut survenir dans une situation dont cette intention était absente. Et bien sûr nous ne confondrons pas l’humiliation, subie et ressentie et la vertu d’humilité, qui est voulue et agie. Mais les choses sont parfois plus mêlées: la politesse est-elle une forme d’humilité, de modestie, ou de civisme? Et la gentillesse, n’est elle pas une vertu importante, même si souvent hélas un peu ridiculisée? Et puis on peut se vouloir humble et modeste, c’est très bien: mais c’est tout autre chose que d’être humilié, et pire encore en public ou devant un proche! Il y a d’ailleurs une différence entre se sentir humilié devant quelqu’un, et être perçu par d’autres comme humilié par lui. Il y a une différence entre humilier quelqu’un délibérément et le faire par inadvertance. Bref l’humiliation se prend en plusieurs acceptions selon les contextes.

«À force d’humiliation on peut y devenir ultra-sensible et susceptible, mais on peut aussi ne plus rien sentir, se mithridatiser.»

Et pourtant tous ces mots procèdent de la même racine linguistique, qui vient du latin humus: le sol, la terre féconde. Mais c’est aussi humilis: ce qui est bas, peu élevé. Le registre sémantique de ces mots (c’est encore celui de l’humide et les humeurs) est tellement vaste, dans leurs usages métaphoriques, qu’on est allé jusqu’à y annexer les humains, l’humanité elle-même… L’humiliation parle de honte et de culpabilité, d’épuisement psychologique et de harcèlement moral, d’honneur et de ressentiment, mais elle parle aussi de repli protecteur, d’insensibilisation aux autres. À force d’humiliation on peut y devenir ultra-sensible et susceptible, mais on peut aussi ne plus rien sentir, se mithridatiser.

Remarquons ici un dernier point capital: personne ne se flatte d’avoir été humilié, et c’est sans doute le propre de l’humiliation que de faire taire. Les humiliés ne le clament pas. S’ils peuvent le dire, s’ils peuvent s’en plaindre, ou même s’en réclamer, c’est probablement qu’ils ne le sont pas vraiment, ou qu’ils ont déjà d’une certaine manière dépassé ce stade! L’humiliation est quasi inaudible, elle est le plus souvent honteuse et embarrassée.

C’est pourquoi ce parcours n’est qu’une entrée parmi d’autres vers la question plus essentielle de la considération mutuelle. Elle ne sera cependant pas abordée ici par la grande porte de la reconnaissance, mais par l’autre bout, celui de l’humiliation, qui en est l’entrée la plus sombre, la plus fréquente et multiforme, la plus facile à rencontrer hélas (3). Tout dépend d’une décision d’attention, d’égard. S’il y a quelque chose d’éthique dans ces propos, en deçà des grands discours et des grandes actions, on le voudrait d’abord sur le registre très élémentaire de la perception. Oui, c’est avant tout une question d’attention. L’humiliation nous indique que nous manquons simplement parfois d’un peu d’attention. Mais on sait que l’attention est aujourd’hui ce qui manque le plus, à tous égards.

 

Illustration: querelle d’Achille et Agamemnon (mosaïque de la maison d’Apollon à Pompéi, Musée archéologique national de Napes, CC0 1.0).

(1) Pierre Rosanvallon, Les épreuves de la vie. Comprendre autrement les Français, Seuil (La République des Idées), 2021.

(2) Je voudrais ici citer de manière explicite l’ouvrage auquel je dois le plus, celui de Avishai Margalit, La société décente, Climats 1999 (1996), Flammarion 2007. Voici un quart de siècle que je le cite (notamment Se montrer, s’effacer, in La dignité aujourd’hui, Éditions des Facultés Universitaires Saint-Louis, 2007), et cet essai trop longtemps muri est avant tout un modeste hommage à son auteur.

(3) L’enjeu de la considération est de se révolter contre «la capacité désespérante des sujets à adapter spontanément leur espérance aux conditions objectives de leur vie» (Marielle Macé, Critiques de nos formes de vie, Gallimard, 2016, p.84). C’est «de reconnaître des sujets honorables, capables, et d’emblée égaux, radicalement égaux. Il ne s’agit pas de leur accorder une dignité, comme une aumône, mais de constater cette dignité, partout où elle se prouve. Encore une fois ça commence par une décision d’attention, de perception» (Marielle Macé, La précarisation des formes de vie, Foi&Vie, 2018/4, pp.74-75).

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