«Déliez-le et laissez-le aller !»
Par cette «approche de l’utilisation du texte biblique dans l’œuvre de France Quéré», Esther Lenz revient sur son mémoire universitaire soutenu en 1996 et sur son hypothèse: s’il y a un «fil rouge», une «ligne directrice», une «mélodie», un «principe fondamental» dans l’écriture et la pensée de France Quéré, «c’est dans la manière dont elle laisse résonner le texte biblique dans toutes ses dimensions».
Article publié dans le numéro de Foi& Vie 2025/2-3 sur France Quéré, une foi vive, une pensée libre. Visionner l’intervention d’Esther Lenz à la convention France Quéré du 28 novembre 2025.
Une approche de l’utilisation du texte biblique dans l’œuvre de France Quéré
Reprendre un travail presque trente ans après l’avoir terminé, c’est un peu comme appuyer sur la touche lecture d’un morceau de musique après un long temps de pause. La mélodie est encore connue, les arrangements sont un peu surannés et l’écart de contexte nous met dans une ambiance à la fois nostalgique, énergique et un peu décalée.
C’est ainsi que je rencontre mon travail sur l’œuvre de France Quéré, trente ans après avoir soutenu mon mémoire de maîtrise à la Faculté de théologie protestante, sous la direction du professeur Jean-François Collange. Entrer dans l’œuvre de cette théologienne par l’angle académique n’a pas été une mince affaire, car ouvrir ses écrits, c’est se retrouver face à tout un univers fait de compositions diverses et complémentaires. Le travail extraordinaire du Centre protestant d’étude et de documentation, qui a recensé les publications éparses d’articles, de chroniques et de textes dans divers supports donne un bel aperçu de l’activité d’écriture foisonnante de notre auteure. Y déceler un fil rouge, une ligne directrice a été une gageure et un défi. Avec le recul, quelle est la mélodie qui se détache ? Le principe fondamental de son écriture et de sa pensée ? Laissez-moi poser d’entrée l’hypothèse qui sous-tend l’intention de ce travail: c’est dans la manière dont elle laisse résonner le texte biblique dans toutes ses dimensions que l’œuvre de France Quéré est habile, profonde et belle.
Ouvrir l’œuvre, c’est découvrir un univers. L’étendue de son travail est remarquable et très diverse. De ses premiers écrits, qu’elle consacre aux Pères de l’Église, jusqu’à ses apports sur les questions éthiques et sociétales, France Quéré aura balayé un large champ thématique et théologique.
Entre 1962 et 1995, elle a publié 25 ouvrages, seule ou en collaboration avec d’autres. À cela s’ajoutent de nombreux articles. C’est probablement dans l’exercice de la chronique qu’elle aura été la plus régulière et la plus variée. Durant plus de 20 ans, elle s’est prêtée à l’exercice dans des quotidiens (La Croix), des hebdomadaires (Réforme) et des mensuels (Panorama). On peut y suivre l’évolution de sa pensée, de ses centres d’intérêts, mais y déceler également la constance de sa méthode et les outils méthodologiques qu’elle utilise aussi dans ses ouvrages plus conséquents (1).
Un style
La première chose qui est frappante dans son œuvre est son style propre d’écriture. Roger Mehl, ancien doyen de la Faculté de théologie protestante de Strasbourg, le décrit ainsi dans le Messager évangélique au moment de son décès: «L’élégante simplicité de son langage la rendait accessible à tous. Et puis elle avait le sens de la formule bien frappée que l’auditeur ne saurait oublier et qui donne à penser» (2). De nombreux lecteurs et théologiens ont pointé ses capacités exceptionnelles d’écrivaine: tout semble couler de source, aller de soi. Elle possédait un «remarquable don de la parole et de l’écriture», note Pierre Bühler dans l’Encyclopédie du protestantisme (3).
Je ne retiendrai ici que quatre axes principaux qui nourriront la suite de notre réflexion:
• Le présent est le temps grammatical qui a sa préférence. Lorsqu’elle écrit, elle écrit pour ce temps et dans ce temps. Les événements et les questionnements gardent ainsi toute leur vivacité et toutes leurs possibilités. Elle-même définit le présent dans le Dénuement de l’espérance comme un temps «ouvert au risque, aux libertés pénibles de l’inconnu, du doute, du vide» (4). Lorsqu’elle se sert d’exemples ou de citations anciennes – notamment lorsqu’elle reprend les Pères de l’Église chers à son cœur –, elle y cherche la même vitalité et les mêmes possibles: «Nous regardons le passé comme des draps pliés, d’une seule pièce, qui n’auraient jamais été un présent (…). Puissent ces textes nous aider à déplier le temps» (5).
Le temps grammatical du présent donne au texte une ouverture et une possibilité de mouvement: il advient dans notre histoire et épouse le temps dans lequel nous vivons. Il n’est caractérisé ni par la fermeture du passé, ni par l’utopie du futur et ne nous reste pas étranger.
• La syntaxe de France Quéré est elle aussi particulière. Elle se sert généralement de phrases courtes et simples. Elle décompose le mouvement de sa pensée et de l’histoire qu’elle raconte pour nous la rendre intelligible. Dans le livre qui rassemble ses écrits autour de la figure de Marie (6) et ceux qui retracent l’enfance de Jésus, on pourra par exemple suivre l’ange Gabriel pas à pas, avec douceur et délicatesse, lorsqu’elle décrit l’apprivoisement de l’annonciation:
«Aujourd’hui l’ange descend du ciel, envoyé par Dieu. Où va-t-il ? On l’ignore. Il faut le suivre: vers une province, la Galilée – pas de chance, elle est décriée –; dans un village, comme on dirait Landerneau, et peuplé, dit-on, de benêts: un “vas-y voir” sur la carte» (7).
Par la brièveté de ses phrases, elle nous situe au cœur de l’événement et nous y fait participer. Ce choix de syntaxe dit quelque chose de la pensée de France Quéré: elle n’est pas une construction abstraite mais une
pensée concrète, soucieuse de la réalité de notre monde. Même dans ses ouvrages fondamentaux, comme L’éthique et la vie (8), on cherchera en vain des développements dogmatiques et philosophiques savamment
articulés. C’est à partir de la vie qu’elle développe son éthique.
• «La justesse du trait caractérise (…) bien souvent ces ‘croquis sur le vif ‘», analyse Jean-François Collange en 1995 (9). Il est évident que sa connaissance de la langue française, son amour des mots et son approche joueuse du vocabulaire font le charme de ses écrits, tant les plus courts que les plus élaborés. Elle a le sens de la formule et de la recherche du mot juste. De la «femme chèvre émissaire» dans Les femmes de l’Évangile (10), à «la ménagère qui se contracte en mégère» dans La femme avenir (11), en passant par la femme qui «se révèle un autre homme, ou qui sait, le même homme !» (12), cette justesse du mot permet le déplacement du lecteur – notamment sur des sujets sensibles ou novateurs.
• Au-delà de la narration, au-delà des histoires, France Quéré raconte le monde dans une démarche toute poétique. Charles Blanchet le décrit ainsi dans sa préface à l’ouvrage Marie:
«Le poète ne se contente pas de les aimer [les choses], mais les arrangeant autrement, inventant par l’image des rapports insolites entre elles, il nous recrée le monde pour le donner à voir dans la fraîcheur du premier matin. France possédait ce don de recréer toutes choses pour nous les offrir dans la nouveauté du jour qui se lève» (13).
D’autres que moi sauront analyser plus finement ses techniques d’écriture, mais il est indéniable que son impact dans le monde théologique francophone des années 1990 doit beaucoup à sa capacité de rédaction et de narration, qui peut être vue comme l’art de la métaphore dans sa compréhension la plus dynamique. Nous y reviendrons.
Car au-delà de la technicité, elle fait de l’acte d’écriture un contenu en soi, une manière de dire ce qui pour elle est vivant dans l’Écriture dont elle témoigne. À la suite des disciples du Christ – les femmes en particulier – «on voyage en Esprit» et par là, elle nous fait toucher du doigt «la psychologie profonde de la foi nouvelle, qui est la conversion» (14).
Un Dieu tout proche
Thématiquement, l’œuvre de France Quéré s’articule autour de trois axes que l’on peut discerner de manière chronologique: la patristique – qui est son domaine de formation initial, l’étude et l’interprétation des textes bibliques et enfin la réflexion éthique.
Comme déjà évoqué dans l’introduction, il n’est pas aisé de tirer un fil rouge systématique dans l’ensemble de son œuvre. Il faut puiser dans la multiplicité des ouvrages et des styles qui font son travail. On y chercherait en vain une théorie de la Trinité, une ecclésiologie structurée, une analyse du mal ou de la théodicée. La forme de sa production littéraire réinsuffle une dynamique à toute chose et se met au service d’un seul but: découvrir partout la vie qui met en mouvement. Cette vie n’est pas seulement une donnée biologique, mais la Vie, celle dont témoigne l’Écriture. Fidèle à ce principe, France Quéré dit Dieu, l’humanité et le monde dans la rencontre, le présent et la mystérieuse beauté.
Dans ses premiers écrits, il est très clair que Dieu ne se rencontre que d’une seule manière: dans l’Évangile, Parole et Écriture, qui raconte la rencontre avec le Christ. C’est là le lieu où la grâce de Dieu est donnée: «Dieu livre par Jésus son Évangile. Jésus est livré, Jésus est le livre que l’on se passe de main en main. Livrer Jésus, c’est répandre la bonne nouvelle» (15), écrit-elle dans Les ennemis de Jésus. C’est d’ailleurs le choix de texte qu’elle fait aussi de manière quasi systématique: son étude se concentre presque exclusivement sur les quatre témoignages de Matthieu, Marc, Luc et Jean qui «plaident chacun à sa manière pour la filiation divine et l’avènement de la grâce», rappelle-t-elle dans Les femmes de l’Évangile (16). Et dans Jésus enfant (17), elle surenchérit: «Devant le Christ, l’Esprit d’un seul perd sa suffisance. La révélation de la personne du Christ convoque par principe l’assemblée des témoins. Parler de lui, c’est en parler ensemble… Le colloque des quatre évangélistes est prédication». Il est intéressant de noter que Dieu et le Christ se mêlent de manière intime dans ses études. L’un est le visage visible de l’autre, l’autre ne fait que renvoyer à l’un.
De manière cohérente, l’image de Dieu est donc d’abord celle d’un Dieu qui parle. «Le commencement est dit» (18) et dès le départ, cette Parole met Dieu et l’humain en relation: Dieu «n’est pas seul puisqu’il parle. Il est déjà avec nous», affirme-t-elle dans Une lecture de l’Évangile de Jean. Cette parole n’est pas une simple information, elle est Parole créatrice et salvatrice.
Que ce soit dans la lecture du texte de la création – rare texte de l’Ancien Testament qu’elle étudie en profondeur – ou dans la démarche de l’ange Gabriel lors de l’Annonciation, que ce soit dans l’institution de la Cène qui affirme «Ceci est mon corps» (19) ou dans la parole de pardon adressée à la femme adultère qui «la touche à vif, du véritable amour» (20), Dieu est à l’œuvre lorsqu’il parle. Ce sont d’ailleurs les pharisiens qui s’y entendent le mieux: «Nul ne témoignera mieux que les pharisiens du verbe fait chair. Ils ont bien compris. Dans le corps, c’est la Parole qu’ils visent» (21). Et de poursuivre dans Une lecture de l’évangile de Jean: «Dans cet évangile, Jésus ne cesse de mourir, ne cessant de parler» (22).
Cette force inouïe de la Parole est aussi sa plus grande vulnérabilité. En choisissant de se faire connaître des humains à travers des paroles humaines, Dieu s’expose, entièrement: «La vérité de l’Évangile est toujours un visage humain» (23). En choisissant de se révéler dans l’ordinaire, en prenant comme vecteur la parole, Dieu épouse notre fragilité: «Il est vrai que le mystère qui était confié [à l’Église] se signalait par sa redoutable fragilité: quelques paroles. Tremblante lueur dans l’infini» (24). Ou un peu plus loin: «C’est pourquoi la destinée de la Parole est d’être toujours perdue: elle est liée à l’aventure humaine, à la transhumance» (25).
Et ce mouvement induit par la fragilité même de la parole donnée est une caractéristique de Dieu lui-même, qui est «irruption d’une liberté dans l’histoire» (26). Pour France Quéré, la Parole de Dieu est indissociable de son œuvre salvatrice, de son mouvement vers l’humanité: «Qui ne croit pas que la parole et l’événement sont pour Dieu une seule et même chose est un impie» (27). Ce mouvement reste cependant à l’initiative première de Dieu, qui est un Dieu d’amour: «Pour ce Dieu dont l’identité est requête d’altérité, (…) il faut l’amour» (28). Lorsque les discours s’approchent de l’essence de Dieu, les voix deviennent murmures: «Dieu est là, estompé dans sa nuit. Nul n’a vu son visage; à peine se laisse-t-il nommer. Il me plaît que son essence, l’amour, entretienne encore le trouble» (29). Cette transcendance qui s’exprime car «Dieu n’est Dieu que par les preuves absolues de son amour» (30) ne peut se dire de la même manière que Jésus – le Dieu qui se vit humain et qui se fait rencontre. Le message divin prend tout à coup une dimension de silence et d’intériorité: la relation entre l’humanité et Dieu est caractérisée par la douceur et la délicatesse. Notamment lorsqu’elle commente les textes relatant la conception et la naissance de Jésus, France Quéré développe cet aspect peut-être de manière plus explicite que ne le sont les textes eux-mêmes.
Avant de revenir à cet aspect fondamental du Dieu de la Parole, qui marque en profondeur la manière de travailler de France Quéré et détermine ses écrits en dialogue avec le texte biblique, il nous faut encore faire un rapide détour par ce qui se vit en miroir, dans l’humanité, et qui marque l’œuvre la plus récente, son travail éthique.
Une humanité toute en mouvement
En écho à cette conception d’un Dieu proche, parlant et en mouvement de rencontre vers l’humanité, France Quéré construit une image de cette dernière tant pour chaque individu, que pour les communautés qui la composent. Sans surprise, l’humain est le fruit de la Parole divine: «La parole inaugure l’œuvre des sept jours, puis la couronne» (31). Et comme cette action dit quelque chose de l’essence de Dieu, elle se fait dans l’intime et la douceur. Alors que pour les choses et les animaux, Dieu s’est contenté de les appeler hors du néant, la création de l’Homme est précédée d’un dialogue de Dieu avec lui-même: «L’Homme, c’était en lui» (32). Il se produit en Dieu un changement: l’être humain n’est pas seulement une quantité ajoutée à la création, il représente une qualité autre. «Maintenant, [Dieu] entre en conversation avec le vivant qu’il est (…). Au Dieu puissant succède un dieu incliné, adouci, et dans ce face à face avec soi-même, plus proche de sa conscience qu’il ne l’était dans sa solitude» (33). D’entrée de jeu, France Quéré ouvre sa réflexion autour de l’humanité sur une thématique qui lui tient particulièrement à cœur: «Ensemble il crée l’homme et la femme (…). C’est le même être doté d’une qualité masculine et féminine» (34). Elle ajoute: «Dieu les destinait à la même aventure». Dans La femme avenir, publiée en 1976, cette lecture du texte de la Genèse ouvre la réflexion de notre auteure sur l’articulation des rôles genrés: «Ève hérite de la création vivante, Adam du monde irrationnel et inconscient des minéraux» (35). Et de leur rapport l’un par rapport à l’autre: «Le serviteur n’est pas un esclave, le service n’est pas un servage. Elle est sujet, comme est sujet qui elle sert» (36). Cette ligne majeure de la pensée de France Quéré est une nouveauté il y a plus de 50 ans. En tous cas dans le paysage théologique francophone destiné au grand public. Si aujourd’hui ces positions sont marquées par leur époque, les deux ouvrages La femme avenir déjà cité et Les femmes de l’Évangile publié en 1982 font date et marquent un tournant dans la conception de la femme dans les textes bibliques: elle n’est pas un second choix, elle est actrice du témoignage de la grâce.
Cette vie humaine, dont la première expression est la création, est un don de Dieu. Le croyant la confessera, l’incroyant l’ignorera. Mais le caractère du don demeure. C’est cette conviction qui est à la base de la réflexion bioéthique de notre auteure: «Tout enfant est un don; que le bienfaiteur s’appelle Dieu ou le hasard», écrit-elle dans L’éthique et la vie en 1991 (37). Cette conviction, le chrétien en fera un signe de la grâce: «Nous sommes là par une amabilité du sort. Mourant par nécessité, naissant par grâce» (38). Ce qui fait la grandeur de l’humanité, c’est que «Dieu revient en lui-même et tire de l’argile un visage; il y insinue une âme où brille vaguement son propre reflet» (39).
Pourtant l’être humain n’est pas Dieu pour autant, il garde en lui un inachevé qui le constitue. «L’Homme doit son humanité à une faiblesse fondamentale que la Bible impute à un dessein de Dieu» (40). Dès la création, Dieu revient sur son plan initial, décidant – contre toute attente – que l’homme seul n’est pas suffisant: «Il achève sa création par un geste de décréation», modifiant sa créature pour compléter son œuvre. «L’émerveillement d’Adam face à Ève a pour origine un manque» (41). Ce manque est relié à la conséquence immédiate qui dit que «le propre de l’Homme est sa prédisposition à une mort et un échec toujours poignant à son esprit» (42). Il n’est jamais nommé péché dans l’œuvre que nous étudions. Ce terme n’apparaît d’ailleurs que rarement et est défini – comme de bien entendu – dans la relation: il est ce qui «porte atteinte à l’intégrité des hommes et met en péril le dessein de Dieu» (43).
C’est à cette créature incomplète que Dieu offre une identité. C’est cela l’action de sa grâce qui ne «se borne pas à effacer une souillure. Elle opère principalement un travail d’identification, pointant le doigt sur l’ultime et respectable réalité de l’être» (44). Ainsi notre identité «ne nous suit pas à cloche-pied» et se découvre, dans la rencontre avec le Christ, «dans le dérangement qu’elle procure» (45).
L’être humain reste en construction: «L’Homme n’est pas tout fait, il se fait sans cesse» (46), affirme-t-elle. Là encore, comme en reflet à l’action d’identification à l’œuvre dans la grâce de Dieu, ce sont les autres et notre relation à eux qui sont déterminants:
«Notre identité n’est pas en nous mais avant nous, enracinés dans élans et fidélités, salutations et espérance: c’est parce que nous sommes regardés que nous prenons un visage, c’est parce que nous sommes appelés que nous découvrons un nom» (47).
Ou encore: «Qui suis-je ? Je suis aimé ! Voilà mon identité. Ce sont les autres qui me font exister» (48).
Par l’éducation, la culture, l’affection et l’apprentissage de la liberté, l’être humain se découvre et s’apprivoise lui-même. «En transgressant, il prend la mesure de son indépendance et s’écarte, s’il le souhaite, de son créateur. Entre soumission et rébellion, il peut choisir» (49). Il le fait dans la rencontre des autres, mais aussi dans la solitude.
Ce non-achèvement n’est pas forcément négatif car il ouvre un espace et devient le moteur des actions humaines. Il «lève en [l’Homme] des énergies qui l’aideront à se surmonter lui-même, à s’ouvrir à ce qui n’est pas lui et dont il découvre qu’en son infirmité il dépend» (50). C’est la chance de l’humanité: «Comme si [Dieu] avait deviné que le suprême privilège accordé à la plus chère des créatures n’était pas son excellence mais consistait en son inachèvement» (51).
L’humain serait cependant bien en peine d’avancer seul avec cette réalité. C’est à cet endroit que France Quéré situe l’action de l’Esprit Saint qui est moteur et lien entre le Dieu en mouvement et le mouvement de l’humain. «À ses prophètes, Dieu se présente comme l’éternel envoyeur (…). Le Nouveau Testament ne laisse pas en repos ceux que le Christ rencontre» (52). L’inachevé de l’humanité en fait donc de manière presque contrainte une humanité de témoins car «la grâce est cette aptitude à recevoir, puis à donner ce que l’on a reçu» (53). La foi apparaît alors comme «la jonction d’une liberté et d’une responsabilité, d’une pensée et d’une décision: elle nous jette dans ce ‘devant nous’ où rien n’est fait encore, où rien n’est à laisser faire» (54). Nous sommes convoqués, individuellement et collectivement, à agir en paroles et en actes, car «les véritables partenaires de Jésus sont ceux, hommes ou femmes, qui lui rendent témoignage» (55). Et ce témoignage prend une forme universelle qu’elle décrit ainsi: «le renoncement à disposer de [soi]-même» (56).
«Les paroles sont trop fortes pour le tête-à-tête et relèvent de la célébration collective. L’âme seule ne suffit pas: il faut une Église» (57). Cette communauté de celles et ceux qui se sont mis en route à l’appel de la Parole reste une communauté fragile, à l’image de ce que les premiers chrétiens – et surtout les premières chrétiennes – avaient expérimenté du souffle divin: «un campement provisoire» (58). C’est dans l’un de ses tout premiers écrits (59) que France Quéré pose son diagnostic face à une Église institution qu’elle interpelle fortement, là encore à l’aide du retour au texte biblique: «La foi dans les textes est encore un événement, elle n’est pas une institution» (60). Et d’enfoncer le clou face à la structure ecclésiale: «Ce fantastique système de protection fit passer la finalité de l’Église d’un plan de création à un plan de conservation. Mortelle fixité» (61). On pourra s’étonner de constater qu’elle ne voit finalement les raisons de la crise de foi du monde que dans des questions de formes et d’institutions. Ses développements sur l’inutilité et l’impossibilité de la foi pourraient entraîner des conclusions philosophiques plus radicales quant au recul du croyable. Ce n’est pas le chemin qu’elle a choisi, d’ailleurs elle ne reviendra pas dans ses écrits plus récents de manière systématique sur la question de l’institution Église. C’est peut-être pour cela qu’elle ne sera jamais femme d’appareil, rappelant sans cesse que l’on «reconnaît le peuple élu à sa mobilité» (62) et renvoyant cette Église à la responsabilité missionnaire dans laquelle l’engage la Parole de Dieu.
Il reste une dernière partie de l’œuvre de France Quéré à mentionner ici. Dans la suite logique de ses développements concernant Dieu et l’humanité: quelle est la responsabilité éthique à laquelle nous appelle ce témoignage dans le monde ? Il est remarquable que l’évolution thématique que nous esquissons ici soit aussi une évolution chronologique dans l’œuvre de France Quéré. Ce sont en effet les ouvrages des dix dernières années de sa vie qui se concentrent sur les questions de société, avec deux champs d’étude principaux. Dans un premier temps, en continuité avec ses réflexions sur la place et le rôle des femmes, elle écrit deux ouvrages concernant la plus petite des communautés humaines: La famille en 1983; L’amour, le couple en 1992; et un ouvrage de référence sur son travail au sein du Comité consultatif national d’éthique, L’éthique et la vie en 1991. C’est probablement la partie la plus délicate de ce travail de relecture. La pertinence de ses prises de positions sur ces questions est liée à la grande force de son travail d’actualisation. Or sa pensée s’arrête malheureusement pour nous il y a trente ans. France Quéré a écrit sur la femme avant #MeToo, avant que ne s’invitent les questions de genre et de transidentité dans le débat public. Elle a écrit à une époque où la question de la remise en cause du système patriarcal s’énonçait encore de manière différente. Elle a écrit avant que n’émergent les questionnements autour de la langue française et de l’écriture inclusive.
Lorsqu’elle parle de la famille, elle se situe bien avant le mariage pour tous, bien avant une conception qui relativise la famille nucléaire classique – même si elle ouvre déjà largement le concept en affirmant qu’avant d’être une histoire de sang, la famille est une histoire de parole reçue et transmise dans l’amour car «sauf erreur, l’amour, dans les familles est ce qui importe le plus» (63).
Lorsqu’elle parle de bioéthique, c’est bien avant les questions de transhumanisme, bien avant les réelles possibilités d’eugénisme et de manipulations génétiques.
C’est probablement sur ces thématiques que les arrangements de sa mélodie sont les plus datés – même si ils ont fait date de son vivant. Lorsqu’elle écrit, c’est avant Internet, avant les réseaux sociaux, avant les smartphones et les tablettes. C’est avant la montée des populismes et les questionnements autour de la vérité de l’information. J’aurais aimé pouvoir suivre l’évolution de sa pensée dans l’histoire de notre monde et l’entendre sur les questions éthiques évoquées plus haut: sur la crise climatique, sur le retour de la guerre et sur l’évolution de la réalité médiatique. La pertinence absolue de son message pour le temps dans lequel elle écrivait devient par endroits sa propre entrave. Sa présence au monde la lie à une époque.
J’ai choisi de reprendre l’essentiel du fondement de sa pensée dans la première partie de ce travail et me contenterai d’ajouter que dans ses travaux éthiques aussi, c’est au service de la vie, du mouvement et de la relation quelle se met. Dans son ouvrage sur la famille, c’est le mouvement qui est au cœur du travail: «Elle offre en effet un perpétuel théâtre d’événements, qui modèle ses formes successives et caractérise tout organisme vivant» (64). De mariages en naissances, la famille n’est pas à ses yeux un état à étudier, mais une histoire à écouter. D’ailleurs la partie conclusive de ce travail, où elle expose ses convictions, se décline en verbes d’action: vivre ensemble, habiter, porter, naître, engendrer, être frères, se nourrir et s’unir. Je pourrais ajouter d’autres exemples qui n’ajouteraient rien à la démonstration: pour France Quéré, tout est vivant. Son écriture se sait et se veut au service de cette vie et de la Vie donnée par Dieu dans son Évangile.
À la recherche d’une présence
Dieu parle, nous l’avons vu, avant tout dans la Bible. Ce qui importe, c’est qu’il le fait au présent à chaque époque: «Le texte, donc me porte vers un nouveau sens et m’exhorte à créer un nouvel événement de la Parole… Ce qui importe, c’est d’aller au sens nouveau, qui seul assure la continuité de l’ancien» (65), affirme-t-elle dans Dénuement de l’espérance. Pour France Quéré, la Parole de Dieu est indissociable de son œuvre salvatrice: «Qui ne croit pas que la parole et l’événement sont pour Dieu une seule et même chose est un impie» (66). Dieu agit donc dans ce monde par sa Parole, jusqu’à aujourd’hui. C’est le cœur de la démarche de France Quéré: retrouver cette action de Dieu dans les textes de l’Évangile et la rendre audible, visible et palpable. Elle le décrit elle-même ainsi: «En un mot, je cherche, sous le procédé, une présence» (67). Il a été pour moi fascinant de découvrir ce «procédé» qu’elle évoque. Son approche du texte biblique correspond toujours à une démarche rigoureuse, quasi imperturbable qui fait appel à des outils d’une rigueur remarquable:
• Une étude approfondie des textes grecs est au cœur de son travail. Sa formation aux lettres classiques n’y est pas étrangère. Non seulement elle est en capacité de rendre la finesse de l’expression du grec biblique, mais elle l’inscrit aussi dans une culture grecque plus large.
• Un écho permanent à leur réception par les Pères de l’Église et la tradition nourrissent cette analyse linguistique. Elle utilise ces références – dont elle a une connaissance approfondie (68) – pour situer un texte dans sa tradition d’interprétation. Les Pères étonnent aussi sous sa plume par leur actualité, ce qui permet à notre auteure une démarche d’humilité réelle face aux enjeux modernes, qui souvent affleurent dans leur essence dans ces anciens écrits. Si notre auteure puise aussi des références dans la philosophie et la théologie plus contemporaines, elle le fait de manière moins régulière.
• Un détour par la tradition littéraire et les arts lui permet de faire émerger «la poétique de Dieu» (69). De la poésie elle dira: «Elle nous éloigne des voies ferrées des paroles toutes prêtes et hisse en nous la voile blanche pour un voyage aléatoire, mais infiniment vrai» (70). Nous reviendrons à cet aspect dans la conclusion de notre travail.
• Enfin sa lecture des textes est celle d’une femme de foi, ancrée dans sa vie, dans son histoire et dans son temps. C’est en résonance avec son être qu’elle fait parler le texte biblique. Béatrice Descamp-Latscha la décrit ainsi en 1995 :
«France Quéré pensait en vivant profondément sa pensée. Aussi ne pouvait-on s’empêcher de ressentir profondément sa parole. Toutes les tonalités d’une âme s’y font entendre, véhémence protestataire, douceur compatissante, gravité douloureuse, rire juvénile, lyrisme émerveillé dans la tessiture inédite d’une voix point encore assez entendue. Mais aussi d’une âme habitée par le mystère de Dieu, hantée par la quête ineffable et peuplée par les voix de la musique» (71).
C’est cette recherche qui est le moteur de l’œuvre de France Quéré: «L’infini est dans l’infime. Le sens se libère pour celui qui le cherche, il est inépuisable» (72). Il se déploie dans la relation et dans l’écart entre la dynamique de la Parole, qui «nous restitue le Christ dans son humanité» (73), et celle de l’Écriture, qui a cette «incomparable liberté de se multiplier et de prendre corps dans la conscience de celui qui lit» (74). Le texte biblique et ce qu’il nous dit de Dieu aujourd’hui a une autorité particulière car il détache la foi de l’incertitude de l’expérience: «Les premiers écrits de la foi (…) le disent avec véhémence: chrétiens de cette génération vous avez la meilleure part. Écouter est plus facile qu’observer. La transmission est plus sûre que l’expérience» (75). C’est convaincue que cette transmission est signe même du Christ vivant dans ce monde que France Quéré s’inscrit dans la lignée des témoins: «Cette parole continuée est essentielle. Elle est la substance de la vérité» (76). Dans toute son œuvre, France Quéré se met au service de ce témoignage, de cette transmission, sans jamais se défaire de l’humilité qu’une telle tâche demande: «Je propose ici un essai ingénu qui ne s’enorgueillit ni de ses thèses, ni de ses méthodes. Il ne se prévaut que de la naïveté de son regard» (77). Et comme il est difficile de dire mieux qu’elle comment elle comprend sa propre démarche, voilà comment elle la décrit dans l’une de ses chroniques:
«Celui qui lit de fort près l’Évangile, l’étudie dans le grec d’origine, compare les divers manuscrits, scrute à la loupe le plus infime détail voit vite s’effriter les pompeuses religions dont les siècles de piété ont patiné ces textes. Des couleurs fraîches lui sautent aux yeux, les personnages se mettent à vivre, pas du tout sacrés, au contraire, admirablement communs, des gens comme vous et moi. On jurerait que l’on entend des éclats de voix, que l’on connaît Pierre à ses gestes emportés et Jean à ses beaux et lents regards. La vie devient foisonnante, mêlant la drôlerie à la gravité, l’imprévu à l’inéluctable, le sacré à la brise légère. Ce n’est plus une lecture, ce sont des rencontres» (78).
Une œuvre au service du foisonnement de la vie
À partir de ce vécu et de cette conviction, France Quéré n’aura de cesse de faire briller l’éclat de ces rencontres pour tous ceux qui la lisent. Ces personnages et leur cheminement avec le Christ, elle-même et son cheminement avec le cœur de l’Écriture peuplent le monde de cette présence de Dieu toujours à redécouvrir car nous «ne pouvons douter de la présence [du Christ] au cœur des générations» (79). Mis en route par leurs histoires, nous ne pouvons qu’entrer dans le mouvement, car «les évangiles eux-mêmes sont des récits de vagabondages» (80).
L’accompagnement spécifique que propose France Quéré sur ce chemin est à mon sens sa grande capacité à ne jamais aplatir le texte biblique, mais à laisser résonner les rencontres et le chemin qu’elles ouvrent dans le respect de la liberté du texte et de celle du lecteur. Elle réussit à faire émerger un sens en racontant la vie, le texte, le monde qui l’entoure avec un émerveillement toujours renouvelé. Elle réinterprète le monde à la lumière de l’Évangile et l’Évangile avec la pâte et la patte du monde. En écho aux travaux de son ami Paul Ricœur (81) – qui a préfacé l’ouvrage posthume Le sel et le vent – elle met en lien ces deux univers dans une prédication impertinente qui ouvre à une signification nouvelle. C’est la définition même de la métaphore pour Paul Ricœur. France Quéré avait un don particulier pour faire émerger un processus sémantique dynamique. Son acte créatif d’écriture provoque une interaction entre le texte biblique et le monde, entre le texte biblique et nous-mêmes, nous ouvrant de nouvelles manières et de manière nouvelle à la compréhension et à l’interprétation du réel. C’est dans ce sens qu’elle est réellement poète du monde.
Qu’il est difficile de rendre compte de cela sans en écraser la beauté et la liberté. Comme il y a trente ans, j’ai choisi de laisser la parole longuement à France Quéré elle-même dans le présent travail. C’est pourquoi je la lui rends pour sa compréhension de l’interprétation, dont son cours de piano est l’expression métaphorique: «À son insu, mon professeur de piano éclaire l’évangile que je lirai plus tard» (82). Que ce soit dans l’interprétation musicale, dans l’interprétation du texte biblique ou dans la rencontre de l’autre:
«C’est nous qui ligotons le prochain et le mettons au tombeau, en tirant par-dessus le marché la dalle sur nous-mêmes. Mais lui, ne demanderait pas mieux que de nous montrer qui il est, à notre grand étonnement; et avec patience, il attend, dans les livres, les musées, les partitions, ou tout simplement à notre porte, qu’on lui en donne la permission: « Déliez-le et laissez-le aller »…» (83).
Reprendre un travail presque trente ans après l’avoir terminé, c’est aussi me rendre compte de ce que j’ai vraiment retenu, de ce qui dans l’œuvre de France Quéré a durablement marqué ma réflexion, ma prédication, mon écriture. C’est sur la trace de cette musique-là que j’espère vous avoir emmenés, celle qui qui m’a fait écrire il y a trente ans déjà le titre de mon mémoire en majuscules: «L’ÉCRITURE ET LA VIE: FRANCE QUÉRÉ, TÉMOIN DE L’ÉVANGILE» me permettant de ne pas choisir entre écriture et Écriture, deux expressions de vie et de foi si intimement liées chez cette auteure. Les dernières semaines ont été un voyage intéressant et surprenant à travers les mélodies méthodologiques, les improvisations stylistiques et les convictions inconscientes qui accompagnent mon travail de prédication depuis le début de mon ministère. Malgré elle et malgré moi, la vitalité du ton de France Quéré, sa quête de la présence de Dieu et sa capacité à en rendre compte non seulement par sa pensée, mais par la forme même de son écriture métaphorique se sont fait une place au cœur de mon oreille interne: de simples mélodies que l’on n’entend plus à force de les fredonner, mais qui marquent l’ensemble d’une vie.
Wissembourg, avril 2025
Esther Lenz, pasteure de l’UEPAL, a soutenu en 1996 un mémoire de maîtrise en théologie protestante à l’Université de Strasbourg, intitulé L’ÉCRITURE ET LA VIE: FRANCE QUÉRÉ, TÉMOIN DE L’ÉVANGILE. C’est à ce jour l’unique travail académique référencé sur France Quéré. La citation du titre est tirée de Honneur aux maîtres, Critérion, 1991, p.28.
Illustration: détail de la Résurrection de Lazare (Geertgen tot Sint Jans/Gérard de Saint-Jean, Haarlem vers 1480-1485, Musée du Louvre, Paris).
(1) Voir notamment l’ouvrage posthume qui regroupe un bon nombre de ces chroniques: Le sel et le vent, Bayard, 1995.
(2) Le Messager évangélique 18, 30 avril 1995, p.4.
(3) Pierre Bühler in Pierre Gisel (dir.), Encyclopédie du protestantisme, Labor et Fides/Cerf, 1995, p.1236.
(4) Dénuement de l’espérance, Seuil, 1972, p.108.
(6) Marie, Desclée de Brouwer, 1996.
(7) Jésus enfant, Desclée de Brouwer, 1992, p.121.
(8) L’éthique et la vie, Odile Jacob, 1991.
(9) Jean François Collange, 7Avenir 62-63, Aumônerie universitaire protestante, 1996, p.18.
(10) Les femmes de l’Évangile, Seuil, 1982, p.13.
(11) La femme avenir, Seuil, 1976, p.48.
(13) Charles Blanchet, préface de Marie, op.cit., p.15.
(14) Les femmes de l’Évangile, op.cit., p.178.
(15) Les ennemis de Jésus, Seuil, 1984, p.126.
(16) Les femmes de l’Évangile, op.cit., p.14.
(17) Jésus enfant, op.cit., p.24.
(18) Une lecture de l’évangile de Jean, Desclée de Brouwer, 1987, p.10.
(23) Les femmes de l’Évangile, op.cit., p.186.
(24) Dénuement de l’espérance, op.cit., p.125.
(28) La famille, Seuil, 1983, p.335.
(29) Si je n’ai pas la charité, Desclée de Brouwer, 1994, p.9.
(30) Une lecture de l’évangile de Jean, op.cit., p.123.
(32) Au fil de l’autre, Seuil, 1979, p.41.
(34) La femme avenir, op.cit., p.36.
(37) L’éthique et la vie, op.cit., p.205.
(38) La famille, op.cit., p.299.
(39) Si je n’ai pas la charité, op.cit., p.54.
(40) L’éthique et la vie, op.cit., p.123.
(43) Les ennemis de Jésus, op.cit., p.9.
(44) Les femmes de l’Évangile, op.cit., p.11.
(45) Si je n’ai pas la charité, op.cit., p.95s.
(46) L’éthique et la vie, op.cit., p.217.
(47) La famille, op.cit., p.253.
(50) L’éthique et la vie, op.cit., p.122.
(52) Si je n’ai pas la charité, op.cit., p.89.
(53) Les ennemis de Jésus, op.cit., p.143.
(54) Dénuement de l’espérance, op.cit., p.154.
(55) Les femmes de l’Évangile, op.cit., p.185.
(56) Dénuement de l’espérance, op.cit., p.168.
(57) Les femmes de l’Évangile, op.cit., p.118.
(58) Si je n’ai pas la charité, op.cit., p.94.
(59) Dénuement de l’espérance, op.cit.
(60) Les femmes de l’Évangile, op.cit., p.186.
(61) Dénuement de l’espérance, op.cit., p.123.
(62) Si je n’ai pas la charité, op.cit., p.87.
(63) L’éthique et la vie, op.cit., p.192.
(64) La famille, op.cit., p.12.
(65) Dénuement de l’espérance, op.cit., p.149.
(66) Jésus enfant, op.cit., p.135.
(68) France Quéré a publié, en collaboration avec le père Adalbert-Gautier Hamman, pas moins de 9 ouvrages de patristique.
(70) Le sel et le vent, op.cit., p.86.
(71) Béatrice Descamp-Latscha, Les cahiers du CCNE 4, 1995.
(73) Dénuement de l’espérance, op.cit., p.150.
(75) Les femmes de l’Évangile, op.cit., p.50.
(78) Le sel et le vent, op.cit., p.56.
(79) Dénuement de l’espérance, op.cit., p.151.
(80) Les femmes de l’Évangile, op.cit., p.176.
(81) La métaphore vive, Seuil, 1975.
(82) Honneur aux maîtres, Critérion, 1991, p.26.
