Désarmer les mots: la Parole souveraine, dernière demeure de la dignité
«Une éthique et une spiritualité du discours public.» D’un côté Leïla Slimani constate que l’on s’accoutume aux «mots haineux» qui éloignent toujours plus de «la réalité du malheur». De l’autre, le pape Léon XIV qui, s’adressant aux responsables religieux, les appelle «à désarmer les cœurs et les mots». Des deux côtés, «la reconnaissance de la dignité humaine comme réalité sacrée, qu’aucun débat ne peut légitimement violer» et l’objectif d’une «culture partagée où la parole saurait se protéger de la violence verbale, où le désaccord deviendrait possible sans humiliation, et où l’altérité serait reconnue comme une richesse plutôt que comme une menace».
«Le discours religieux doit appeler constamment à désarmer les cœurs et les mots» (Léon XIV) (1).
«Si les mots haineux sont des poisons, j’ai l’impression que le corps européen a développé une sorte d’accoutumance et supporte des doses de plus en plus élevées. Je me sens, comme beaucoup sans doute, emportée dans un brouhaha constant, où même sur des questions aussi tragiques que la guerre, l’immigration, le nettoyage ethnique, nous ne sommes plus capables que de nous écharper. Et pendant ce temps la réalité, celle du malheur, de la mort, de la faim, ne fait que s’éloigner. Il ne s’agit pas de vouloir que nous soyons d’accord – sur l’Ukraine, les conflits, l’immigration ou l’identité –, mais simplement que nos désaccords soient capables de s’arrêter quelque part, de ne pas fouler aux pieds la dignité» (Leïla Slimani) (2).
Il faut bien le reconnaître, à moins que ce ne soit surinterprétation de ma part – auquel cas je l’assumerai dans ces lignes –: ces deux citations s’imposent dans un même mouvement. Bien qu’énoncées depuis deux points de vue différents, l’une depuis une conscience morale laïque attristée, l’autre depuis une parole religieuse prophétique, elles se répondent et convergent vers une même exigence. Celle d’un langage qui désarme plutôt qu’il n’affronte. Elles reconnaissent la dignité humaine comme le seuil infranchissable de toute parole.
L’Europe évoquée semble s’accoutumer au poison des mots haineux où l’être humain n’est reconnu qu’au travers de son appartenance à un camp. Lecteurs assidus de la presse, nous en sommes tous les jours les témoins impuissants. Sur fond de cette Europe, la tribune de Leïla Slimani confrontée au discours du pape ouvre une réflexion possible, spirituelle et philosophique, sur le langage. D’un côté, le constat d’une usure morale, d’une perte de contact avec le tragique, c’est-à-dire le réel du malheur. De l’autre cet appel à «désarmer les cœurs et les mots» (3) au nom de la dignité humaine et de l’inspiration religieuse. Ainsi, à partir de ces deux textes, s’esquisse une éthique et une spiritualité du discours public.
Le langage comme lieu spirituel
Ces deux interventions placent le langage au cœur d’une interrogation qui excède le seul domaine politique, et qui relève de la condition spirituelle de la parole. Dans sa tribune, Leïla Slimani décrit les «mots haineux» comme des «poisons» vis-à-vis desquels le «corps européen» aurait développé une «accoutumance», supportant «des doses de plus en plus élevées». Métaphore biologique (et toxique) qui suggère que le langage n’est pas un simple instrument de communication, mais un cadre dans lequel nous nous inscrivons malgré nous et qui façonne imperceptiblement notre perception du réel. Cette accoutumance au poison verbal engendre une forme d’anesthésie spirituelle: ce qui devrait révolter devient supportable, avant d’être invisible, jusqu’à ce que «la réalité, celle du malheur, de la mort, de la faim» ne fasse que s’atténuer, voire être insoupçonnée.
En regard, le discours de Léon XIV à Metz attribue au langage religieux comme une vocation inverse: «Le discours religieux doit appeler constamment à désarmer les cœurs et les mots». Formule qui suppose une puissance spirituelle réelle des mots. Ils peuvent armer ou désarmer, blesser ou pacifier, profaner ou consacrer. Le pape qualifie d’ailleurs de «profanation» le fait d’«invoquer Dieu pour légitimer la violence ou l’oppression», indiquant par-là que le langage religieux engage une relation au sacré et à la dignité humaine.
En somme, là où Leïla Slimani observe la pathologie d’un langage devenu toxique, Léon XIV prescrit un antidote spirituel: faire du discours un lieu de désarmement plutôt que de combat. Le langage est un lieu spirituel, où se joue une lutte entre deux puissances contraires: l’une endurcit les cœurs et militarise les mots, l’autre cherche à les désarmer pour rendre possible la rencontre. Cette lutte est autant morale qu’ontologique, puisqu’elle engage la manière dont nous habitons le monde et celle dont nous nous rapportons à autrui.
La dignité humaine ou le seuil métaphysique du discours
«Il ne s’agit pas de vouloir que nous soyons d’accord – sur l’Ukraine, les conflits, l’immigration ou l’identité –, mais simplement que nos désaccords soient capables de s’arrêter quelque part, de ne pas fouler aux pieds la dignité.» Dépassant le simple constat, Leïla Slimani témoigne d’une exigence éthique. La dignité de la personne apparaît comme une limite non négociable, comme la condition de possibilité de toute discussion. Elle se constitue en un seuil métaphysique; en deçà d’elle, le débat est légitime, au-delà il perd toute légitimité car il avilit ce qui ne peut être conçu comme un moyen. Léon XIV rejoint cette intuition lorsqu’il affirme: «Rien de ce qui défigure la dignité humaine ne peut se réclamer d’une authentique inspiration divine». La dignité n’est pas ici une simple norme morale; elle est théologiquement fondée. L’homme est créé à l’image de Dieu, et toute parole qui l’avilit contredit cette origine. La dignité devient ainsi un principe transcendant qui s’impose à tout discours, qu’il soit religieux ou séculier. D’ailleurs, dans l’homélie de Metz (4), le pape insiste sur la vocation des religions à être «gardiennes de la vie» et à témoigner auprès des plus vulnérables, rappelant que la dignité humaine n’est pas une abstraction, mais qu’elle se joue dans la proximité avec ceux qui souffrent.
Ainsi, à partir de ces deux citations, peut-on comprendre et affirmer que la dignité est le nom séculier d’une réalité spirituelle: le caractère sacré de la personne. Caractère qui doit être reconnu au langage à l’inauguration de tout débat, condition de toute parole authentique, croyante ou non.
Altérité, visage et campisme
La description que fait Leïla Slimani d’un monde où l’on ne peut plus «regarder un être humain sans lui demander d’abord à quel camp il appartient» résonne évidemment avec la pensée d’Emmanuel Levinas, pour qui l’éthique ne commence pas par un principe abstrait, mais dans la rencontre concrète avec le visage de l’Autre. Le visage: ce n’est pas un objet de connaissance, encore moins de catégorisation, mais une interpellation immédiate: «Tu ne tueras point». Il précède toute appartenance, toute identité, toute adhésion à un camp.
Le campisme généralisé est une négation de cette rencontre éthique: l’autre n’est plus un visage. Il devient un signe d’origine, d’appartenance à un groupe, à une idéologie, à un potentiel ennemi. Le langage haineux est dès lors un langage qui refuse l’altérité: il réduit l’humain à une fonction (l’immigré, le nationaliste, le réactionnaire, etc.) et ferme la possibilité de tout dialogue. Levinas dirait que ce langage transforme l’Autre en «même», c’est-à-dire en ce qui peut être assimilé, classé, neutralisé, plutôt qu’en ce qui résiste à toute totalisation.
En appelant à «désarmer les cœurs et les mots», Léon XIV propose une spiritualité de l’altérité: reconnaître en l’autre, même dans le désaccord, une dignité inviolable qui interdit de le traiter comme un ennemi absolu. On peut lire cela comme une interprétation religieuse de l’éthique lévinassienne: le visage de l’Autre est aussi le lieu où se révèle, pour le croyant, l’image de Dieu. Désarmer les mots, c’est permettre au visage de l’Autre de se montrer comme une exigence éthique et spirituelle et d’en toujours constituer l’expérience. Avant toute catégorisation.
L’apport de Ricœur
Léon XIV fait explicitement référence à Paul Ricœur (5), car celui-ci définit le cadre pour comprendre comment la rencontre s’inscrit dans une histoire et une identité. Pour Ricœur, l’identité n’est pas une essence fixe, mais une «identité narrative»: elle se construit dans le récit que nous faisons de nous-mêmes et des autres. Cette identité narrative est toujours ouverte à la réinterprétation, à la révision et à la rencontre avec d’autres récits. C’est aussi dans ce contexte que s’inscrit notre lecture de Leila Slimani. Le campisme fige les identités narratives: chacun est réduit à un rôle dans un grand récit conflictuel. Le langage haineux est un langage qui annule et clôt le récit puisqu’il il ne permet plus à l’autre de se raconter autrement que comme ennemi. Ricœur dirait que ce langage empêche la «fusion des horizons» nécessaire à toute compréhension mutuelle.
En appelant à «désarmer les cœurs et les mots», Léon XIV instaure la possibilité d’une identité narrative plus large. Celle où les différences ne sont pas niées, mais reconnues comme des variations au sein d’une humanité commune et partagée. Il insiste sur le fait que les traditions religieuses, bien que distinctes, partagent une responsabilité commune pour la paix et la dignité humaine. Cela rejoint l’idée ricœurienne d’une «identité ouverte», capable d’intégrer l’altérité sans s’y dissoudre.
Éclairer, comme nous tentons de le faire, la confrontation de ces deux textes par cette référence au philosophe protestant, c’est permettre de penser une éthique du langage où la dignité humaine serait le fil conducteur d’une identité narrative commune, toujours à réinventer dans la rencontre avec l’Autre.
Une ascèse spirituelle du langage
C’est ainsi que peut être comprise la formule de Léon XIV, «désarmer les cœurs et les mots». Désarmer, c’est retirer aux mots leur fonction d’arme, c’est-à-dire leur capacité à humilier, blesser, stigmatiser. Cela suppose une discipline intérieure: surveiller ses propres paroles, refuser la surenchère, choisir des mots qui accueillent plutôt qu’ils n’excluent. Leïla Slimani décrit l’accoutumance au poison des mots haineux comme une perte de sensibilité morale. Ce qui devrait révolter finit par ne plus révolter mais devient supportable, et puis invisible. Le cœur ne réagit plus au mal, parce qu’il y est trop exposé. Levinas dirait que cette insensibilité est une fuite devant la responsabilité éthique que le visage de l’Autre impose.
Confronter ces deux textes conduit à une spiritualité critique du langage où le diagnostic, l’exigence et le fondement s’articulent de manière indissociable. Le langage public est aujourd’hui devenu un champ de bataille où les mots sont des armes et l’Autre un ennemi potentiel. Ce qui rend nécessaire d’apprendre à «désarmer» activement ses propres mots comme un exercice spirituel. Cette discipline repose sur la reconnaissance de la dignité humaine comme réalité sacrée, qu’aucun débat ne peut légitimement violer. Ascèse qui n’est pas seulement individuelle mais qui est aussi collective. Elle suppose une culture partagée où la parole saurait se protéger de la violence verbale, où le désaccord deviendrait possible sans humiliation, et où l’altérité serait reconnue comme une richesse plutôt que comme une menace.
Une théologie politique du langage
L’appel de Léon XIV s’inscrit évidemment dans un cadre inter-religieux et politique. Les responsables religieux sont les «gardiens de nos traditions respectives» et appelés à une «responsabilité particulière». Le discours religieux n’est pas une parole privée; il a toujours une résonance publique et politique. En ce sens, «désarmer les cœurs et les mots» est aussi un acte prophétique: il s’oppose à toute instrumentalisation du sacré au service de la violence. Leïla Slimani, elle, ne parle pas depuis une tradition religieuse, mais depuis une conscience morale laïque, épuisée par la polarisation (6). Pourtant, son exigence que la dignité humaine soit la limite infranchissable du débat rejoint une intuition théologique classique: l’homme n’est pas réductible à ses opinions, à son camp, à son utilité politique.
Il nous semble qu’une théologie politique du langage se dessine alors à partir de ces deux textes. Le langage public est un lieu spirituel où se joue la reconnaissance ou le mépris de la dignité humaine. Les traditions religieuses ont une responsabilité prophétique – devoir spirituel et éthique –: refuser que le nom de Dieu soit utilisé pour armer les mots et les cœurs. La société laïque, même sans référence explicite au sacré, peut reconnaître dans la dignité humaine un principe transcendant qui limite et oriente tout débat. Cette théologie politique du langage n’est pas une imposition dogmatique; elle est une invitation à reconnaître, au cœur même du débat démocratique, une exigence spirituelle et éthique: celle de la dignité humaine comme seuil infranchissable.
La Parole souveraine: dernière demeure de la dignité
«Ce qu’il y a de plus durable sur terre, c’est la tristesse / Et ce qui restera, c’est la Parole souveraine» (7).
Ces vers d’Anna Akhmatova, cités par Leïla Slimani à la fin de sa tribune, offrent une clé de lecture spirituelle et philosophique à l’ensemble de la réflexion. Face à l’accoutumance au poison des mots haineux, face à la réduction de l’Autre à un simple signe d’appartenance, la «Parole souveraine» d’Akhmatova ne désigne pas la parole triomphante, mais la parole qui demeure, qui résiste, qui porte le poids du réel – et du tragique – sans le trahir. Cette Parole souveraine peut être comprise, dans le sillage de Levinas, comme la parole éthique qui répond à l’interpellation du visage: une parole qui ne totalise pas, qui ne réduit pas, mais qui reconnaît l’altérité irréductible de l’Autre. Elle peut aussi être lue, avec Ricœur, comme la parole narrative capable de déverrouiller les identités figées, de permettre à chacun de se raconter autrement que comme ennemi, dans une histoire commune encore à écrire. Enfin, à la lumière de Léon XIV, elle est la parole qui «désarme les cœurs et les mots», qui refuse de profaner le nom de Dieu ou la dignité humaine au service de la violence.
Mais cette Parole souveraine n’est-elle pas, initialement et ultimement, celle du Christ ? Dans l’homélie de Metz, Léon XIV rappelle que les principes moraux qui fondent la dignité humaine («la primauté de la personne et le caractère sacré et inviolable de la vie humaine») trouvent leur source dans la révélation chrétienne. Pour la théologie chrétienne, le Christ n’est pas n’importe quelle parole: il est le Verbe de Dieu, la Parole faite chair, celle qui était «au commencement» et par qui tout a été créé. En lui, la Parole n’est pas un simple discours ; elle est une présence, une vie, un don de soi jusqu’à la croix (8). Cette Parole christique est souveraine d’une manière paradoxale: non par la domination, mais par la kénose, par le dépouillement de soi. Sur la croix, le Christ ne répond pas à la violence par la violence, à la haine par la haine; il désarme les cœurs et les mots par l’amour, jusqu’au bout. En ce sens, l’appel de Léon XIV à «désarmer les cœurs et les mots» trouve dans le Christ son modèle et sa source: désarmer, c’est entrer dans la logique du Verbe incarné, qui a choisi de ne pas écraser, mais de servir; de ne pas condamner, mais de sauver.
La tristesse dont parle Anna Akhmatova et que Leïla Slimani dit éprouver «comme beaucoup sans doute» – dont je suis, je l’avoue – n’est alors pas un renoncement, mais une lucidité spirituelle. Elle est la reconnaissance douloureuse que le monde est blessé, que le langage est empoisonné, que l’altérité est absente. Mais cette tristesse n’est pas stérile: elle est la condition d’une parole authentique, qui ne ment pas sur le malheur, qui ne fuit pas la responsabilité éthique, qui ne se résout pas – ou refuse de se résoudre – à la réduction de l’humain à un camp. Pour le croyant, cette parole affligée peut s’unir à la Parole du Christ, qui a pris sur lui la tristesse du monde pour la transformer en espérance.
Tant qu’il nous reste des mots…
«Tant qu’il nous reste des mots pour dire ce qui nous afflige, peut-être n’avons-nous pas tout perdu.» J’aimerais que cette phrase de Leïla Slimani, en écho à Anna Akhmatova, puisse servir de dernier mot à cette réflexion. Parce qu’elle rappelle que la parole, même affligée, même lucide sur sa propre fragilité, reste un lieu de résistance spirituelle et éthique. Désarmer les mots, reconnaître la dignité, accueillir le visage de l’Autre, revivifier les identités narratives: tout cela commence par la capacité à dire ce qui nous afflige, sans honte, sans mensonge et sans haine.
La Parole souveraine n’est pas celle qui domine, mais celle qui demeure. Dans la tristesse, dans la responsabilité, dans l’espérance, même ténue. Tant qu’il nous reste des mots pour nommer le mal, il y a la possibilité de le désarmer, de l’affronter sinon de le vaincre.
Et pour le chrétien, cette Parole qui demeure a un nom: elle est le Christ, Verbe de Dieu, qui a fait de la croix le lieu ultime du désarmement de la violence et de la révélation de la dignité humaine.
En guise de bibliographie
Voici les ouvrages dont je suis hautement redevable et qui sont pour moi des références quasi permanentes.
D’abord Paul Ricœur, Soi-même comme un autre. Seuil, 1990. Et Parcours de la reconnaissance, Stock, 2004 (réédition: Gallimard (Folio essais), 2007). Ouvrages, entres autres, où se développe le concept d’«identité narrative»; là où, également, s’associent reconnaissance de l’altérité et éthique de la sollicitude.
Il y a aussi, d’Emmanuel Levinas, Totalité et Infini: essai sur l’extériorité, Martinus Nijhoff, 1961 (réédition: Livre de Poche (Biblio essais), 1990). Mais il y a encore, en fond, des références implicites à Henri Meschonnic, qui considère le discours comme une activité éthique (en particulier: Politique du rythme, politique du sujet, Verdier, 1995).
Illustration: le pape Léon XIV avec les représentants des religions (dont Christian Krieger de la FPF à gauche) le 28 septembre à Metz (retransmission Le jour du Seigneur).
(1) Discours de Léon XIV lors de la rencontre inter-religieuse au centre des congrès Robert Schuman de Metz, le lundi 28 septembre 2026. Discours prononcé en présence des responsables des cultes protestant, orthodoxe, juif, bouddhiste et musulman: le pasteur Christian Krieger, président de la Fédération protestante de France (FPF), et ses vice-présidentes Isabelle Veillet et Valérie Duval-Poujol; Mgr Dimitrios Ploumis, président de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France et son porte-parole Carol Saba; Haïm Korsia, le Grand-Rabbin de France; Antony Boussemart et Fabien Fiardet, co-présidents de l’Union bouddhiste de France; Chems-Eddine Hafiz, recteur de la Grande mosquée de Paris, et Sadek Beloucif, membre du Forum de l’islam de France. Texte qui ne doit pas être confondu avec l’appel de Metz, co-écrit par les membres de la Conférence des représentants de culte en France (CRCF).
(2) Leila Slimani, écrivaine: «Ce qui peut tuer la littérature, ce ne sont pas les robots mais notre manque d’humanité», Le Monde, 29 septembre 2026.
(3) Ce que Léon XIV développe déjà dans Magnifica Humanitas (paragraphe 214), où il écrit: «Désarmons les mots et nous contribuerons à désarmer la terre» (texte sur Le Grand Continent, 25 mai 2026).
(4) Texte intégral. Messe du pape à Metz: l’homélie de Léon XIV, La Croix, 28 septembre 2026.
(5) «Il [le dialogue] est, selon Paul Ricœur, le chemin par lequel nous reconnaissons l’altérité comme une promesse et non comme une menace; il est un art de la rencontre dont notre monde a grand besoin, aux antipodes de l’agressivité et de la violence» (discours de Léon XIV lors de la rencontre inter-religieuse au centre des congrès Robert Schuman de Metz le lundi 28 septembre 2026, voir note 1).
(6) C’est-à-dire la radicalisation des débats politiques, la fragmentation des opinions publiques, que favorisent et amplifient les algorithmes des réseaux sociaux.
(7) Anna Akhmatova, Requiem et autres poèmes, traduit du russe par Jean-Louis Backès, Gallimard (Poésie), 1987 (référence fournie par Gemini).
(8) On pourra consulter le numéro 11 de la revue de réflexion théologique Hokhma: K. Barth et la parole de Dieu, 1979.
