Désencercler les femmes - Forum protestant

«La femme africaine est encerclée par des barrières culturelles, religieuses et économiques.» Pour qu’elle devienne «une créature telle que Dieu l’a voulue», la pasteure béninoise Fifamé Fidèle Houssou Gandonou (directrice de l’Alliance Biblique du Bénin et de l’ONG Deborah) développe une théologie féministe qu’elle a synthétisé lors d’un Jeudi du Défap.

 

Jeudi du Défap avec Fifamé Fidèle Houssou Gandonou

Visionner le Jeudi du Défap du 15 janvier 2026 avec Fifamé Fidèle Houssou Gandonou.

 

Jean-Pierre Anzala. C’est avec joie que nous accueillons ce soir la docteure Fidèle Fifamé Houssou Gandonou, figure majeure du protestantisme béninois et africain. Votre parcours, est marqué par une polyvalence exceptionnelle au service de l’Évangile et de votre pays. Pasteure de l’Église protestante méthodiste du Bénin (1) depuis 25 ans, vous êtes actuellement directrice de l’Alliance biblique du Bénin. Formatrice engagée, vous travaillez sans relâche au leadership des femmes et à l’animation biblique, notamment à travers la Cevaa (2). Théologienne et éthicienne, vous êtes une voix de référence sur la place des femmes dans la société (pas seulement béninoise), mais aussi une actrice du développement, intervenant aussi bien sur les questions de souveraineté alimentaire que de protection de l’environnement, notamment à travers l’ONG Deborah (3) que vous présidez. Vous êtes enfin une auteure (4) qui aide à «lire la Bible autrement» pour relever les défis actuels du continent africain et du monde.

Fidèle Fifamé Houssou Gandonou. C’est un honneur pour moi d’être là et de prendre la parole dans ce lieu où la mission se conjugue avec la rencontre, qui est notre lieu à nous tous et qui respire l’amour de Dieu, la diversité, la rencontre autour de la foi. On me demande de présenter un travail de plusieurs années, et je suis reconnaissante au Défap qui y a contribué.

 

Fondements éthiques du féminisme, Une réflexion à partir du contexte africain

Je suis Africaine, Béninoise, pasteure. Mon travail a commencé par un constat de rupture. Nous vivons aujourd’hui au cœur d’une injustice criante. Cette injustice n’est pas un accident de l’histoire. Elle est le fruit patient de siècles de construction de ce que j’ai appelé les citadelles masculinistes. Mon travail est une réflexion sur les moyens de briser ces murs, de leur déconstruction. Il prend sa source dans une question brutale mais vitale qui a hanté mes recherches doctorales (je veux ici saluer l’Université protestante d’Afrique centrale au Cameroun (5)): Qu’y a-t-il d’inacceptable aujourd’hui dans la condition féminine et particulièrement en Afrique ? C’est la question principale. Le féminisme tel que je le porte n’est ni une importation idéologique, ni un luxe intellectuel, mais une réponse éthique. Au-delà de la théorie, c’est le refus viscéral de ce silence imposé par ces citadelles masculinistes et qui se traduit par la précarité, le non-droit, l’injustice autour des femmes. Mon travail s’attachera à nommer ces réalités pour proposer les clés de changement social durable. Pour ce faire, j’articulerai mon propos autour des trois piliers essentiels que sont

la déconstruction des citadelles masculinistes,
le concept de désencerclement et de sororité
une éthique de la réciprocité et de l’altérité.

Il ne s’agit pas seulement de parler de la femme, mais de parler de notre commune humanité. Car, comme nous allons le voir, on ne désencercle pas une femme sans désencercler toute la société.

 

1. Déconstruire les citadelles masculinistes

Le premier pas de ma démarche est celui de la déconstruction. Nous devons avoir le courage de regarder en face ce que j’appelle les citadelles masculinistes. La déconstruction de ces citadelles est un impératif éthique pour comprendre l’injustice criante dont souffrent les femmes. Posez la question aux femmes: elles vont vous dire qu’il y a un mal-être dans la société vis à vis d’elles. Il faut d’abord nommer le système qui fait souffrir les femmes. Les citadelles masculinistes sont des structures de pensée et de pouvoir qui sacralisent l’infériorité féminine. Ces citadelles ne sont pas seulement physiques, elles sont également symboliques. Elles ont permis à la société de construire une infériorité qui n’existe pas dans la biologie. Il s’agit de comprendre comment la société a transformé le sexe biologique en un outil de pouvoir, a érigé le genre en un système de domination. Cette analyse rejoint celle de Simone de Beauvoir, qui démontre que la condition féminine n’est pas une donnée biologique mais une construction sociale: «On ne naît pas femme mais on le devient» (6).

En Afrique, cela passe par l’analyse de structures comme la polygamie, le déni de l’héritage foncier. Mais plus encore, nous devons interroger la chrétienté: si l’Évangile est un message de libération, l’Église a été parfois, par ses interprétations patriarcales, complice de l’oppression de la femme. Comme Elizabeth Cady Stanton et les autres pionnières de la Woman’s Bible (7), nous devons libérer le texte biblique des lectures qui emprisonnent la femme dans la soumission. Et nous devons lire autrement la Bible et la sortir de l’enveloppe patriarcale. Dans Une bible des femmes (8), on rappelle comment les traditions ont transformé des titres de fonction: des femmes comme Phœbé étaient diaconesses, c’est-à-dire diacres ministres à part entière. Mais on les appelle servantes… Les citadelles ne sont pas la Parole même, ce sont des constructions qui naissent de traditions linguistiques, de cultures ou de la coutume. Nous devons les connaître et pouvoir les déconstruire.

 

2. Le concept de désencerclement et de la sororité

Au cœur de mon travail se trouve le concept de désencerclement (que j’ai emprunté au professeur Marcellin Sétondji Dossou (9)). La femme africaine et béninoise est souvent encerclée de barrières culturelles, religieuses et économiques. Le désencerclement est un processus par lequel la femme brise toutes les barrières pour accéder à sa pleine citoyenneté, pour devenir une créature telle que Dieu l’a voulue. Cela ne se fait pas dans l’isolement, mais avec les autres, avec la Parole de Dieu. En féminisme, on parle alors de sororité, la solidarité entre les femmes. On nous dit souvent: «Les femmes ne sont jamais ensemble pour de bonnes choses». Mais la Parole de Dieu nous a montré et prouvé que c’est ensemble que les femmes sont allées faire la découverte de Jésus ressuscité. Cette sororité est à la base de la transformation de la vie des femmes, c’est son moteur. De cette unité naît l’empowerment, l’autonomisation permettant à la femme de passer du statut de victime à celui d’actrice de l’histoire. L’histoire des femmes a tout le temps été faite par les autres: c’est le moment pour les femmes de pouvoir faire elles-mêmes leur histoire telle que Dieu la veut. Et cela passe par le désencerclement et la sororité. Il ne s’agit pas de prendre le pouvoir sur les hommes, mais d’exercer son propre pouvoir pour le bien commun. Pour ce faire, les femmes et les hommes se retrouvent autour du même cercle, à distance égale et avec Jésus au centre. Le concept de désencerclement que je propose est donc une base de l’action éthique: il s’agit de briser les barrières symboliques et réelles. Elizabeth Schüssler Fiorenza, féministe américaine et pionnière de l’herméneutique féministe (10), soutient l’idée que pour se libérer, la femme doit se souvenir de ses ancêtres. C’est ici que la sororité intervient car le désencerclement est collectif. Mais pourquoi se désencercler ?

 

3. Pour une éthique de la réciprocité et de l’altérité

L’échelle que je propose est celle de la dignité humaine intégrale. Le féminisme bien compris est une branche de l’éthique qui vise l’excellence humaine. Quand je parle de cette excellence, c’est en référence à la Parole de Dieu: «Et cela était très bon» (Genèse 1). Le féminisme bien compris est un combat pour l’égalité, où l’éthique joue un rôle de régulateur social avec la règle d’or: «Tout ce que vous voulez que les gens fassent pour vous, vous aussi, faites-le de même pour eux» (11). Dans la société, la femme doit être traitée selon cette règle. En contexte africain, cela signifie réinventer les rapports entre hommes et femmes, non plus sur le mode de la force, mais sur le mode de la réciprocité, du vis-à-vis. Le féminisme libère aussi l’homme: il le décharge du poids d’avoir à dominer pour exister. L’homme n’a pas besoin de dominer pour exister. Cette dignité retrouvée est la condition sine qua non pour que nos Églises et nos sociétés soient de véritables lieux de justice.

Nous avons longtemps confondu le sexe biologique avec le destin social. Mon travail appelle à une déconstruction radicale de ce schéma. Il ne s’agit pas de renier qui nous sommes, mais de revendiquer une nouvelle identité où le je se dit de manière éthique. Ce je est celui que Dieu lui-même nous demande d’avoir: «Aime ton prochain comme toi-même» (12). Quand tu n’as pas de l’amour pour toi-même, tu ne peux pas aimer l’autre. Il ne s’agit donc pas de renier qui nous sommes, mais de revendiquer la nouvelle identité que Dieu nous donne: «image» de Dieu, «semblable» («Je lui ferai une aide semblable» (13)). Le but n’est pas de copier l’homme, mais de revendiquer une identité propre. La femme n’a pas besoin de devenir homme, de faire comme l’homme, mais de rester femme dans son identité, celle que Dieu donne. L’éthique féministe africaine vise l’autonomisation, c’est-à-dire la capacité à définir sa propre identité.

 

Quel féminisme ?

Dans cette dynamique, je parle en prenant appui sur la méthode éthique de voir, juger, agir. Il ne faut pas que nous observions seulement ce qui se fait et ce qui se dit: il faut que nous puissions aller au-delà de l’observation, de l’interprétation, du jugement. Il faut également agir (d’où mon action pour la souveraineté alimentaire, l’écoféminisme, les droits des femmes). Car on traite la femme comme on traite la terre nourricière. Nous ne pouvons donc pas parler de féminisme africain (béninois) en ignorant notre environnement qui porte tout cela.

Mon féminisme est un plaidoyer pour une humanité enfin réconciliée. Une humanité où l’on se voit comme des enfants d’un même père, d’une même mère. Le combat pour l’égalité n’est pas une option: c’est une exigence de notre foi, l’impératif de notre éthique de vie. Le féminisme tel que je le conçois est une quête de l’excellence humaine telle que le Seigneur lui-même la veut: «Je vous donne la vie et la vie en abondance» (14). Demandez aux femmes si elles ont une «vie en abondance»: au Bénin, sur 100 femmes, je ne suis pas sûre que 50 vous diront qu’elles ont une «vie en abondance». Le féminisme aide à cette plénitude de vie dans le Seigneur, mais avec l’autre que la femme a en face: l’homme. Le féminisme est là pour restaurer la dignité de la femme, restaurer la dignité de l’humanité (parce que la femme est la mère de l’humanité), restaurer l’image de Dieu.

Il n’est pas facile de prononcer le mot féminisme dans notre contexte, il n’y a même pas de mot pour cela dans la langue locale. Mais au-delà du mot, il y a des actions qui reflètent ce que je viens de dire, et qui expliquent que les femmes sont dans cette quête de la dignité au quotidien, de restauration de la dignité. Nous avons des femmes qui accompagnent cette quête dans notre histoire, qui nous inspirent dans la dynamique de notre réflexion, qui montrent que la femme doit vivre avec la conviction qu’elle est porteuse de vie. Être porteuse de vie, ce n’est pas être muette, mais être dynamique et agir pour la gloire de Dieu. Le féminisme libère la femme de la soumission, du mutisme, mais libère également l’homme de la tyrannie et libère la société du patriarcat. Le féminisme n’est pas l’apanage des femmes, c’est également l’apanage des hommes. Il y a des hommes qui font du féminisme et ont compris que quand la femme est sauvée, libérée, c’est toute la société avec. Le féminisme n’est pas contre les hommes, c’est une vie de restauration, qui rencontre la volonté de Dieu comme nous le disons dans le Notre Père: «Que ta volonté soit faite». La volonté de Dieu ne peut pas se faire dans l’injustice et dans la maltraitance d’une partie de l’humanité. Vous comprenez avec moi que le féminisme est ce cri éthique qui permet de déconstruire le mal-être de la femme, le mal-être de la deuxème moitié de l’humanité.

Ce travail est développé dans le livre Les fondements éthiques du féminisme (14), qui montre que le féminisme bien compris est un effort pratique pour relever le défi de la dignité. Et je suis contente de voir cette réflexion dans d’autres ouvrages, comme:

Une bible des femmes, où une vingtaine de théologiennes protestantes, catholiques, francophones, européennes, africaines et québécoises ont rassemblé leurs réflexions sur des figures féminines de la Bible dans la vie des femmes de notre monde d’aujourd’hui. Ça ne remplace pas notre Bible, mais fait écho à la Woman’s bible de Cady Stanton deux siècles après.

Une Bible. Des hommes (15), où on appelle à lire la Bible autrement pour accompagner ce cri éthique de désencerclement: les figures masculines de la Bible y sont relues et questionnées dans la dynamique du féminisme et des femmes.

Car où étaient les femmes quand on écrivait la Bible ? Elles vont répondre qu’elles étaient absentes. La Société biblique kenyane en tête, les 26 Sociétés bibliques africaines se sont réunies pour réfléchir et faire une relecture des textes bibliques de la Genèse jusqu’à l’Apocalypse (j’y ai participé avant d’être directrice de l’Alliance biblique du Bénin). Non pas pour réécrire la Bible, mais pour concevoir des méditations qui aient vraiment un écho dans le contexte africain d’aujourd’hui et dans la vie des femmes: c’est la Bible de méditation par les femmes d’Afrique (16). Elle contient 365 méditations (une par jour) et 52 thématiques (une par semaine) concernant la vie de la femme et qu’on n’ose pas aborder dans les études bibliques ou dans les prédications: des problèmes de tous les jours pour les femmes. Il y a aussi 52 figures-portraits de femmes de la Bible pour accompagner la vie des femmes dans ce que j’ai appelé le cri éthique pour restaurer la dignité de la femme. C’est avec fierté que je fais la promotion de cette Bible et je vous invite à l’avoir, à l’offrir à vos amis: ayez ça dans vos familles, dans vos couples et vous verrez la transformation.

Nous devons oser aborder les questions que l’Église fuit. La Bible n’a pas occulté les questions de violence: le viol de Tamar, le viol de Dina… Mais ce sont des faits, des questions que l’Église n’aime pas qu’on aborde. Le féminisme veut que ces questions soient vraiment abordées pour que nous puissions préparer les jeunes. J’ai osé sortir un livre sur La violence sexuelle parmi les adolescents (17) pour amener à comprendre que ces réalités quotidiennes ont des échos dans la Bible. Nous pouvons nous appuyer sur ces réalités pour sortir de notre enfermement, de notre dépression, de notre silence.

On nous dit que «Le féminisme est européen», que c’est une importation. Non, le féminisme n’est pas européen: c’est une branche vitale de l’éthique. Tout être humain qui se sent dans une situation de mal-être vis-à-vis de la femme et qui commence par en parler est féministe. Je propose que nous puissions ensemble réfléchir et travailler pour passer de l’injustice criante dont j’ai parlé à une véritable autonomisation de la femme. Je dis bien autonomisation (on peut utiliser d’autres mots) car il faut que la femme puisse dire le je éthique: je suis. C’est une invitation à repenser la dignité, non comme un privilège mais comme un droit inébranlable au cœur de la création. Car le féminisme n’est pas un combat contre le pouvoir, mais une quête de l’excellence, de la justice et de l’humanité comme Dieu nous la donne. En m’appuyant sur la voix de mes sœurs théologiennes féministes, j’affirme que désencercler la femme, c’est libèrer l’homme. Pratiquer la sororité, c’est soigner la société. Réclamer son identité, c’est honorer l’image de Dieu en nous.

Mon livre ou mes recherches ne sont pas une conclusion, ils sont une porte ouverte vers une humanité réconciliée, vers des recherches d’action. Si l’image de Dieu est en chaque être humain, comment pouvons-nous accepter qu’une moitié de l’humanité soit encerclée ? Si nous continuons de souffrir, s’il y a encore dans mon pays une fille à qui l’on refuse d’aller à l’école, nous sommes obligées de nous lever pour dire non à ce système qui refuse l’éducation à une fille parce qu’elle est fille. Ce n’est pas un travail facile. Mais avec Jésus, on avance en eau profonde sans craindre de tomber. Et si on tombe, on se relève.

Nous devons sortir des mythes qui ont été construits pour nous amener là où nous sommes. Pour les déconstruire ou en sortir, nous avons un seul modèle: Jésus, le modèle féministe par excellence. Reprenez le livre de Luc et comparez les actions de Jésus: il y a une parité qui ne dit pas son nom. Pour déconstruire ou sortir de ces citadelles masculinistes, nous sommes appelés à aller à l’école de Jésus qui, dans son monde juif, n’a pas eu peur de parler avec des femmes (seules), n’a pas refusé de toucher des femmes, n’a pas refusé la guérison des femmes, même au-delà de la Loi. Nous devons convertir le regard sur la femme en allant à l’école de Jésus. Le regard que Jésus a sur la femme est féministe. D’autres diront qu’il est révolutionnaire. Les maîtres-mots du féminisme sont la libération, la promotion, l’émancipation, ce que résume «la vie en abondance» dans la bouche de Jésus (Jean 10,10). Nous devons comprendre que le discours féministe n’est pas en contradiction avec l’Évangile libérateur de Jésus-Christ: «Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos» (Matthieu 11,28). Le poids que portent les femmes est lourd. Le féminisme est ce chemin qui leur permet de pouvoir se décharger de ce poids. Ce féminisme dont je parle n’est pas activiste, contre l’homme. Ce féminisme a pour modèle Jésus-Christ, qui est un homme, qui n’est pas femme. Il a commencé avec les femmes, il a fini avec les femmes dans un monde où les femmes n’avaient pas de place. Pouvons-nous travailler dans ce sens pour permettre à l’humanité d’être très bonne, très belle, comme Dieu l’a voulue ?

Si le féminisme est multiple et divers, son but l’autonomisation de la femme, voulue par Dieu. Quel que soit le nom que vous allez donner au féminisme, il est à la fois international par ses origines et objectifs, et national par ses stratégies. Chacun a sa manière de faire du féminisme pour répondre et lutter contre ces citadelles dont j’ai parlé. Le féminisme n’est ni l’apanage des hommes, ni l’apanage des femmes, mais un mouvement qui veut voir l’humanité telle que Dieu l’a voulue.

 

Illustration: Fifamé Fidèle Houssou Gandonou et Jean-Pierre Anzala lors du Jeudi du Défap le 15 janvier 2026.

(1) L’Église protestante méthodiste du Bénin (EPBM) est issue de la mission méthodiste britannique et membre de la CEVAA. Elle compte plus de 300 pasteur(e)s et près d’un millier de temples.

(2) La Communauté évangélique d’action apostolique (Cevaa) est une «Communauté d’Églises protestantes en mission», créée en 1971 et regroupant aujourd’hui 36 Églises protestantes dont 22 en Afrique et dans dans l’Océan Indien, 11 en Europe, 2 dans le Pacifique et une en Amérique Latine.

(3) Les missions de l’association Deborah «s’articulent autour de quatre piliers fondamentaux «récupérer les filles en situation difficile», «protéger et accompagner vers la stabilité», «former pour l’autonomie» et «valoriser et réinsérer dans la société», le but étant «qu’aucune fille ne devrait être condamnée par les circonstances de sa naissance, la pauvreté ou les traditions injustes».

(4) De la théologie de la soumission à la théologie de l’amour: Une analyse de Ephésiens 5, (thèse à l’UPAO en 2003); Les fondements éthiques du féminisme: Réflexions à partir du contexte africain (Globethics, 2016); La violence sexuelle parmi les adolescents: Une réflexion théologique et éthique (Presses bibliques africaines, 2018). À signaler son article pour le Cahier biblique de Foi&Vie: De la théologie du désencerclement: Une lecture de Jean 8,1-11, en 2023.

(5) L’Université protestante d’Afrique centrale (UPAC) a été créée en 1962 à Yaoundé par plusieurs Églises africaines et comprend, en plus d’une Faculté de théologie protestante et des sciences religieuses, une Faculté des sciences sociales et des relations internationales, un Faculté des technologies de l’information et de la communication et une Faculté des sciences de la santé.

(6) Dans Le deuxième sexe, en 1949.

(7) La Woman’s Bible fut «un événement fondateur de la lecture féministe de la Bible: ce groupe s’est attaqué aux textes bibliques avec des ciseaux ! Ces femmes, qui n’étaient pas toutes théologiennes mais érudites et fort vaillantes, découpèrent dans leurs Bibles tous les passages traitant des femmes. Elles entreprirent de rédiger, à propos des passages sélectionnés, des commentaires issus de leurs compétences. Leurs lectures déconstruisaient, grâce à la critique historique et théologique, bien des lectures enfermantes dans lesquelles elles avaient été éduquées. Les commentaires de ces vingt rebelles, sous la houlette de la suffragiste américaine Elizabeth Cady Stanton, alors âgée de près de 80 ans, furent censurés par la Société biblique, qui comprenait déjà des femmes mais dociles aux lectures bibliques traditionnelles. La National Woman Suffrage Association refusa tout lien à l’ouvrage alors qu’Elizabeth Cady Stanton en avait été la cofondatrice en 1869, et sa présidente. Elle ne fut plus jamais conviée à y siéger. Mais la Woman’s Bible devint un best-seller. Sa première partie (Genèse, Exode, Lévitique, Nombres, Deutéronome), parue en 1895, bénéficia de sept réimpressions dès les six premiers mois. Les commentaires des autres livres bibliqeus furent publiés en 1898» (extrait de l’introduction d’Une bible des femmes, Labor et Fides, 2018).

(8) Élisabeth Parmentier, Pierrette Daviau et Lauriane Savoy (dir.), Une bible des femmes, Labor et Fides, 2018. Fifamé Fidèle Houssou Gandonou y signe avec Joan Charras-Sancho le chapitre Sortir de la tente rouge et faire rayonner la tribu de Dina !, Deux femmes de la Bible envoyées en mission (pp.189-205).

(9) Marcellin Sétondji Dossou (1959) est pasteur de l’Église protestante méthodiste du Bénin, auteur de nombreux ouvrages et professeur à l’Université protestante de l’Afrique de l’Ouest (UPAO), campus de Porto-Novo.

(10) Elizabeth Schüssler Fiorenza (1938), après des études en Allemagne, a enseigné la théologie à l’université catholique américaine Notre-Dame du Lac puis à la Harvard Divinity School.

(11) «Si donc vous, tout en étant mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison votre Père qui est dans les cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui le lui demandent ! Tout ce que vous voulez que les gens fassent pour vous, vous aussi, faites-le de même pour eux: c’est là la Loi et les Prophètes.» (Matthieu 7,11-12).

(12) Lévitique 19,18, Marc 12,31, Matthieu 22,39, et Luc 10,27).

(13) Genèse 2,18.

(14) Les fondements éthiques du féminisme, Réflexions à partir du contexte africain, Globethics, 2016.

(15) Denis Fricker et Élisabeth Parmentier (dir.), Une Bible. Des hommes, Labor et Fides, 2021.

(16) La Bible de méditation par les femmes d’Afrique, Bibli’O, 2024.

(17) La violence sexuelle parmi les adolescents, une réflexion éthique et théologique, Presses bibliques africaines, 2018.

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