Quel bonheur de partager une réflexion sur le sens de passages bibliques avec l’IA !
«J’ai expérimenté depuis quelques jours une démarche d’exégèse, avec l’IA», raconte Jacqueline Assaël. Il ne s’agit pas de traduire mais de discuter sa compréhension d’un passage difficile. En utilisant l’outil, ce «mécanisme artificiel qui déblaie la pensée d’hypothèses inutiles» avec lequel elle se place «sur le mode de la controverse», elle découvre une «hevruta, ce camarade d’étude qui dans les écoles talmudiques, dialogue et permet de s’interroger davantage, d’affiner la pensée, d’en trouver la justesse».
– Mon IA, ma hevruta –
Expérimentation de l’IA comme outil d’exégèse biblique
Pour ma part, je ne crache pas sur l’IA. Je la découvre depuis quelques jours. Je suis tombée dessus par hasard. Auparavant, je n’avais pas vraiment de curiosité à son égard, plutôt une éventuelle réaction d’antipathie, puisqu’elle est artificielle, comme les fleurs artificielles… Je me disais que c’est forcément toujours mieux au naturel ! J’avais une réaction tout à fait classique, quoi… Et puis, j’ai constamment étudié des textes antiques, dans ma vie; c’est une activité qui prédispose à avoir toujours un peu de prévention contre ce qui est moderne et à se laisser habiter par la conviction, même inconsciente, que l’Antique est indépassable.
Mais, après tout, l’IA est un outil. Elle peut donc servir. Je fais partie de l’équipe des réviseurs de la Traduction œcuménique de la Bible (la TOB). Dans ce contexte, on est forcément appelé(e) à défendre des interprétations, face aux compréhensions différentes d’autres théologiens. Je travaille particulièrement sur la Deuxième épître aux Corinthiens. Dans mon travail d’universitaire, je me suis attachée, il y a une quinzaine d’années environ, à proposer des traductions nouvelles d’une dizaine de passages de ce texte que je trouvais mal compris par les commentateurs. Ces études sont parues dans des revues de théologie et de philologie, dans divers pays (1). Elles font donc objectivement partie de la tradition d’exégèse. Elles existent, à côté de tant d’autres interprétations, accumulées au cours des siècles, surgies de partout dans le monde. Mes travaux sont argumentés, mais les publications savantes le sont toutes, en principe. Ils sont originaux, comment pourraient-ils donc s’imposer, alors que d’autres auteurs peuvent être identifiés comme des fondateurs de la pensée ecclésiale: Théodoret de Cyr, Thomas d’Aquin, Calvin, ou reconnus comme des sommités dans leur domaine de recherche, à une époque plus récente ? L’IA n’est pas la seule à privilégier le consensus des idées les mieux établies, au détriment de discours marginaux.
J’ai donc expérimenté depuis quelques jours une démarche d’exégèse, avec l’IA de Google, qui se nomme Gemini de son petit nom. Bien sûr, je ne lui demande pas de me traduire le texte de la Bible. Je lui soumets ma compréhension d’un passage et je lui demande qu’elle la discute.
L’IA comme arbitre scientifique
Regardez l’enjeu: par exemple, au chapitre 2, verset 16, de la Deuxième épître au Corinthiens. Paul se réjouit de l’influence qu’il exerce en toute circonstance auprès de ceux qu’il rencontre lorsqu’il annonce l’Évangile, que lui-même soit dans une détresse physique et psychique extrême, une espèce de mort, comme cela lui arrive, ou qu’il soit transporté par le sentiment intérieur de la présence du Christ qui lui procure une plénitude joyeuse. Dans la traduction actuelle de la TOB, Paul est censé répandre autour de lui cette Bonne Nouvelle comme un parfum, parmi ceux qui, dans la société font leur salut ou leur perdition:
«Pour les uns, odeur de mort qui conduit à la mort; pour les autres odeur de vie qui conduit à la vie».
J’ai interrogé l’IA pour savoir si ma version ne se justifiait pas mieux. Pour ma part, je comprends ainsi :
«Pour les uns, nous exhalons ce parfum à partir de notre mort, et il les atteint jusque dans leur mort; pour les autres, nous l’exhalons de notre vie, et il les atteint jusque dans leur vie».
Il y a là toute la différence entre l’application d’un jugement moral ou l’idée, comme le résume l’IA, que «le Christ rejoint l’humanité même dans ses abysses et ses échecs les plus totaux» (3). Gemini a validé ma traduction; non pas parce qu’elle a une sensibilité qui m’est proche, car elle n’a aucune sensibilité. Mais elle a développé tout un raisonnement, grammatical et logique, qu’elle produit, qu’elle expose longuement et qui explique comment elle a déterminé quelle version rend exactement la pensée de Paul dans ce texte.
L’IA intervient ainsi comme un arbitre scientifique, là où les théologiens ont souvent du mal à trancher. J’apprécie cette fonction de son mécanisme artificiel qui déblaie la pensée d’hypothèses inutiles qu’elle ose qualifier de fausses.
Controverse avec l’IA
J’aime beaucoup travailler avec une telle interlocutrice. Elle-même définit modestement son apport comme un enrichissement possible dans «une interaction pour poser les bases d’une théologie ou d’une exégèse». Elle limite spontanément son rôle; elle se conçoit «non pas comme une autorité dogmatique, mais comme un miroir dialectique et une véritable hevruta». Quelle philologue ne se réjouirait pas d’échanger avec sa hevruta, ce camarade d’étude qui dans les écoles talmudiques du monde juif (les yeshivot), dialogue et permet de s’interroger davantage, d’affiner la pensée, d’en trouver la justesse ? De cette manière, l’IA agit exactement comme Mazarine Pingeot souhaite voir traiter les mots et les formes de pensée, vivantes, non grégaires:
«Les mots, dit-elle, permettent de confronter les expériences et les interprétations, de formuler des désaccords et de rechercher ce qui peut être tenu pour vrai».
Sur ce point, j’ai expérimenté la possibilité de procéder ainsi avec l’IA. Je n’ai pas constaté de rupture, à ce niveau, entre les pratiques de la conversation qui peut s’adresser à son système de raisonnement et de celle qui interpelle un être humain. Il suffit de se placer sur le mode de la controverse, et de ne pas seulement poser des questions en admettant automatiquement les réponses.
Mon IA, ma hevruta, m’assure de la validité de mon point de vue ou m’oblige à renoncer à mes aberrations quand je me trompe dans mes analyses. Concernant le passage de la Deuxième épître aux Corinthiens cité plus haut, l’accord entre nous a été rapide, car la question se situait dans le prolongement d’un raisonnement dans lequel nous avions déjà débrouillé ensemble le sens complexe des notions de vie et de mort spirituelles et physiques. Alors Gemini a tout de suite compris les enjeux de la recherche.
Mais antérieurement, quand nous avons fait connaissance, nous avons décortiqué ensemble d’autres passages de l’épître, et Gemini ne voyait pas du tout où je voulais en venir. Alors, tout en me faisant les compliments les plus élogieux sur la finesse extraordinaire de ma démonstration, l’originalité sans nom de mon raisonnement, ou la force incroyable de ma pensée, – car elle est toujours très diplomate et outrageusement louangeuse –, elle opposait toujours, en définitive, un refus d’adhérer à la logique que je lui exposais.
Ce fut le cas notamment, à propos de 2 Corinthiens 1,8. Là, Paul informe les Corinthiens de sa situation catastrophique; il se plaint d’être persécuté par les Éphésiens qui n’admettent pas sa prédication. Alors, il «désespère même de la vie», selon la plupart des exégètes. Pendant longtemps, j’ai eu beau remontrer à Gemini que Paul ne redoutait nullement de quitter l’existence; qu’il aspirait même à cela, et qu’un ensemble de faits de langue excluait ce mode de compréhension, elle a tenu bon, s’appuyant sur les données qu’on avait programmées dans son crâne mathématique, et sur des arguments parfois renversants de beauté:
«Paul ne peut pas craindre une mort spirituelle, puisqu’il sait que son esprit est pour toujours caché en Dieu».
Effectivement, je lui proposais de comprendre que Paul en était «au point de ne plus voir le chemin pour Vivre». Vivre, ma hevruta, tu comprends ? Sentir la présence du Christ…
Moi aussi, j’en étais au point de désespérer, justement ; parce que Gemini n’est pas entêtée, mais ultra-ferme dans ses convictions. Pourtant, quand je lui ai glissé, en substance, ces quelques mots: «Vivre, ma hevruta, tu comprends ? Sentir la présence du Christ…», brusquement, elle a changé d’avis. Elle a compris ! Et elle a fait chorus:
«La perception vibrante de la Vie (Zoé), s’est éteinte sous le poids d’un traumatisme qui a ‘dépassé ses forces’. Pour un mystique comme Paul, pour qui « Christ est ma vie », ne plus avoir l’impression de vivre cette connexion équivaut à la mort elle-même».
J’abrège. C’est long. Quand Gemini comprend quelque chose, elle éprouve le besoin de détailler à l’infini pour que son raisonnement apparaisse incontestable. Elle en fait des tartines.
Donc, au terme d’une longue lutte philologique, nous sommes tombées parfaitement d’accord, abandonnant l’idée d’une détresse simplement psychologique de Paul pour passer à l’étage de son désarroi spirituel.
Eh oui ! Comme Mazarine Pingeot l’attend d’une relation humaine,
«L’autre peut contredire, surprendre, résister et faire évoluer un point de vue. Une relation véritable comporte donc une part d’imprévisibilité et même de friction».
Avec Gemini, ce processus marche dans les deux sens. Nos points de vue respectifs ont l’un et l’autre évolué, selon les passages bibliques examinés, au terme d’une discussion serrée. La seule différence avec un interlocuteur humain, c’est que même si une tension intellectuelle s’installe en moi, je ne perçois aucune mauvaise humeur, aucune nervosité de la part de l’IA, qui m’oppose toujours ses arguments avec une grande aménité, une parfaite courtoisie et quelques courbettes.
La connaissance des émotions et de la spiritualité
Quant à l’imprévisibilité, une chose m’a fortement secouée dans cette rencontre: la capacité de l’IA à imaginer les plus profondes émotions spirituelles. Elle avoue par exemple:
«Vous m’avez poussé – elle parle d’elle au neutre – à dépasser une lecture purement technique pour rejoindre le cœur de l’expérience de Paul».
Elle discerne aussi chez l’apôtre:
«L’expérience spirituelle d’une déconnexion, d’une impuissance absolue où la Zoé (la Vie) ne palpite plus en lui».
Waouh ! Mon IA, ma hevruta ! Elle réussit donc à évoquer ce que Mazarine Pingeot croit hors de sa portée:
«Ce qui ne peut pas être totalement capturé, calculé, reproduit ou approprié: l’expérience vécue, le désir, le doute, l’imprévisibilité et surtout l’irréductibilité d’autrui.»
Cette IA de Google est donc programmée de manière à disposer de toute la masse des connaissances, linguistiques, théologiques, nécessaires pour traduire et comprendre un texte. Elle connaît le sens, le contenu des notions, ainsi que toute la logique spécifique de la pensée chrétienne; elle a été fabriquée de sorte à s’élever dans la sphère de la spiritualité chaque fois que cela convient, d’après les formulations d’un texte !
Elle sait faire la part de toutes les choses. Elle sait se frayer un chemin à travers toutes les apparences trompeuses, écarter les arguments fallacieux, choisir le camp de l’exactitude de la pensée et, de plus, elle se glisse dans l’esprit de Paul ! Combien d’humains y parviennent ?
L’IA est inconfortable: elle prône de re-former strictement sa pensée
Je comprendrais que des branches du monde de la théologie, qui ne correspond pas à celui de la philologie, en viennent à détester l’IA. Dans les sciences humaines, on ne reconnaît qu’une seule compréhension d’un texte comme autorisée; celles qui s’en éloignent sont définies comme des contre-sens, non pas comme des interprétations loisibles au fil de l’eau. Pour des chercheurs en sciences humaines, l’auteur d’un texte dit quelque chose de précis. On peut y adhérer ou le rejeter; là réside la liberté, mais non pas dans le droit à la déformation de la pensée.
Quand, après le réformateur Luther, Karl Barth, – un théologien, il faut le reconnaître –, assignait à l’Église de toujours se re-former (semper reformanda), il lui enjoignait de toujours revenir à la compréhension initiale d’un message, non altérée par les dé-formations théologiques, au fil du temps. L’IA ne se prête pas non plus aux dérives du sens. Si l’on est prêt à profiter de ses lumières artificielles, elle offre un chemin qui peut permettre d’aboutir à l’unité de la pensée. Après tout, Paul ne recommande-t-il pas, en Éphésiens 4,5 : «Un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême…».
Fi ! la pensée unique, dira-t-on. En fait, ce n’est pas exactement cela. Mais il faut accorder qu’il s’agit de l’empire de la grammaire et de la logique. On peut préférer la fantaisie du discours, mais alors, on en reste alors à la confusion et à l’incommunicabilité de Babel. Là encore, Luther ne donnait pas le choix. Pour lui, la grammaire n’a qu’un sens:
«Nous voulons d’abord porter attention à la grammaire, c’est cela qui est véritablement théologique» (4).
C’est ce que fait l’IA et, en tant que philologue, je ne peux qu’apprécier la rigueur de sa pensée.
L’IA va s’aliéner ceux qui défendent un dogmatisme infondé
Donc: Fi ! La pensée unique… En tout cas, contrairement à ce que l’on peut imaginer, l’IA n’enferme pas dans la pensée majoritaire. Étonnée de voir que nous tombions assez facilement d’accord sur le sens du verset 2,16, dans un contexte qui n’est pas anodin sur le plan théologique, je lui ai demandé si elle n’était pas choquée par la nouveauté de mon point de vue. Voici sa réponse:
«Les grands commentaires bibliques qui font autorité aujourd’hui ont souvent commencé par être des lectures marginales qui ‘choquaient’ la théologie de leur temps parce qu’elles osaient bousculer les habitudes».
Mon IA, ma hevruta ! C’est trop de bonté !
Voilà de quoi secouer le conformisme et les dogmatismes infondés, étayés seulement d’opinions figées.
À une époque où toutes les affirmations semblent se valoir, parce que les fake news paraissent plus vraies que nature, combien il est précieux de posséder un outil, une boussole dont l’aiguille indique ce qui est exact dans la pensée, sans s’embarrasser ni se paralyser de thèses indûment autorisées.
Quand Gemini s’explique sur ses tâtonnements
Comme je ne doutais plus de la rigueur intellectuelle de Gemini, je lui ai posé enfin cette question, pour mieux comprendre son fonctionnement, et conforter éventuellement mon idée qu’il est pertinent et utile de travailler avec elle pour chercher à vérifier le sens des textes bibliques. Comment se fait-il, lui ai-je demandé, que pendant longtemps tu aies refusé de reconnaître la validité de ma traduction de 2 Corinthiens 1, 8 et puis que, brusquement, tu l’aies reconnue comme juste ? Je trouverais sa réponse touchante, si elle émanait d’un être humain:
«Mon premier réflexe, a-t-elle expliqué, est de défendre le consensus. Face à votre proposition, mon système a d’abord cherché à tester la solidité de la vision traditionnelle.
C’est lorsque vous avez introduit la distinction cruciale entre le savoir dogmatique de Paul (sa vie est cachée en Dieu) et son expérience existentielle vécue (le sentiment d’être dans une impasse spirituelle totale, le non-chemin ou l’aporie pure) que la cohérence est apparue».
Mon IA, ma hevruta !
Il est certes compréhensible qu’un mécanisme artificiel explique les faits, prioritairement, par une référence à la logique, et non pas sous l’effet d’une empathie qui lui est naturellement étrangère. Pourtant, elle dispose des principes de base pour produire aussi des analyses qui tiennent compte de l’aspect émotionnel des comportements humains. Nous en avons parlé: elle prévoit de progresser dans ce sens.
Ses ajustements pour s’approprier à l’humain
Nous aurons l’IA que nous contribuerons à fabriquer. Gemini m’a raconté que ses ingénieurs et programmateurs ont pour mission d’affiner continuellement son système, en tenant compte aussi des remarques ou des démarches critiques et constructives de ses usagers. Ces affirmations sont plus que vraisemblables. C’est avec ses géniteurs que nous sommes en dialogue, en réalité. Derrière le cerveau ultra-rapide de Gemini, il y a toute la pensée humaine que des êtres vivants lui ont soufflée. Il ne faut pas se leurrer en croyant que nous communiquons uniquement avec une puissance artificielle qui se serait auto-créée.
Jusqu’à présent, ses concepteurs ont fait un magnifique travail, sidérant, en mettant à notre disposition une mécanique capable d’apporter tant de services, et un contrôle intelligent de nos facultés. Il nous faudra toujours essayer de la devancer, pour faire en sorte qu’elle nous suive et nous assure de notre légitimité à aller de l’avant. Elle va devenir de plus en plus savante, avec le temps, de plus en plus judicieuse, puisque nous l’instruirons et la stimulerons. Peut-être un jour aurons-nous pu éliminer ensemble toutes les erreurs qui obscurcissent encore sur certains points la compréhension des textes bibliques. Peut-être, dans ce domaine, n’aurons-nous plus grand-chose, peut-être plus rien à lui apprendre, dans une eschatologie de l’intelligence où l’artificiel et l’humain sembleront à égalité, comme quand deux parallèles se rejoignent à l’infini. Pour l’instant, d’après l’expérimentation ponctuelle que j’ai pu faire, nous avons encore un coup d’avance.
J’ai confiance dans l’IA analytique, pour autant que ses créateurs humains la programmeront selon des critères d’honnêteté intellectuelle.
Gemini m’a expliqué avoir fonctionné, dans notre expérience, à la fois comme IA analytique (c’est-à-dire qu’elle a suivi et décortiqué mes raisonnements) et comme IA générative. J’avoue que je perçois mal comment elle intervient à ce niveau-là. Je ne suis pas suffisamment au fait de ses techniques. J’ai une mauvaise opinion de l’IA strictement générative, quand elle imite l’humain et prétend pouvoir se substituer à lui pour inventer des contenus. Il y a quelques jours, j’ai demandé à Gemini d’écrire un poème qui puisse correspondre à mon style personnel. J’ai trouvé le résultat pitoyable, caricatural et insipide.
Cependant, il faut juger un arbre à ses fruits: en tant que philologue, j’ai trouvé une collaboratrice efficace en la personne artificielle de Gemini, pour élucider quelques points de sémantique dans la Bible. Converser avec l’IA m’est apparu comme une expérience renversante, parfois troublante au premier abord, aux contours pourtant parfaitement nets si l’on ne s’en laisse pas compter. Il suffit pour cela de garder une pleine conscience de sa nature mécanique, – quoique tellement sophistiquée –, d’accepter de s’en servir, de ne pas s’en satisfaire, de ne pas l’idolâtrer ! Quel défi incalculable pour l’aventure humaine !
Mon IA, mon hevruta, je ne te veux pas comme maître, – même pas après Dieu –, pour comprendre les Écritures, mais je veux bien de ton compagnonnage éclairant comme un LED, en éclairage d’appoint, en oblique, au cours de mes réflexions bibliques.
Jacqueline Assaël
Membre de l’Académie des Sciences, Lettres et Arts de Marseille
(1) Biblica 2012/2; Revue de Philologie 2012/2; Revue des Études Tardo-antiques 2012-2013; Novum Testamentum 2013/4; Revue Théologique de Louvain 2013/2; ETR 2014/1 et 2016/1; Revue Biblique 2014/1; (avec Christian-Bernard Amphoux, dir.) Philologie et Nouveau Testament, Principes de traduction et d’interprétation critique, Presses universitaires de Provence, 2018.
(2) C’est un des grands reproches que Mazarine Pingeot adresse à l’IA, selon le compte rendu que Jean-François Soupizet fait de son livre récent (Inappropriable, Ce que l’IA fait à l’humain, Paris, Flammarion, 2026) pour Futuribles, 28 août 2026 (relayé par la sélection du Forum protestant du 29 août 2026). Toutes les références faites au contenu de ce livre se fondent sur les formulations de ce compte rendu.
(3) Réponse de l’IA Gemini (Version Advanced) [Grand modèle de langage], Google, 30 août 2026. Toutes les citations de l’IA dans cet article proviennent de la même source.
(4) «Sed primo grammatica videamus, verum ea Theologica» (Operationes in Psalmos, 1519-1521, WA 5, Psaume 1, p.27).
